Les Comores figurent parmi les dix pays au monde les plus vulnérables à la dégradation des récifs coralliens dont 70% de sa population rurale dépend pour son alimentation et ses moyens de subsistances. Le gouvernement a annoncé son engagement sur des initiatives déjà en place à travers l’archipel grâce à l’appui de l’Ong Dahari.

 

L’engagement du gouvernement de l’Union des Comores à soutenir la préservation des récifs coralliens a été officiellement annoncé et expliqué aux pêcheurs et pêcheuses à Ndzuani, jeudi 20 août dans l’enceinte de l’Ecole nationale de pêche à Mirontsi. Placée sous l’autorité du gouverneur de l’île, la cérémonie a été honorée de la présence du ministre de l’Environnement, du président de l’association des maires de Ndzuani, du directeur général des Ressources halieutiques, du directeur régional de la Pêche et de l’Environ, du Garde-côte et de représentants des associations de pêcheurs de Ndzuani, Mwali et Ngazidja. On y notait également la présence de partenaires techniques des parcs et aires protégées, de l’équipe de l’Ong Dahari et de l’association UMAMA (Ulanga-Mayesha-Mayendreleyo).

Le ministre de l’Environnement chargé du Tourisme, Abubakar Mahmoud, a fait un bref rappel des circonstances de l’engagement du gouvernement sur la gestion marine. Il a indiqué que le chef de l’Etat a inscrit le pays dans l’objectif mondial 30x30 de mettre 30% des eaux sous protection lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan de 2025 en France.  Un engagement que le ministre lui-même a réitéré en juin dernier, à la 11ème Our océan Conference à Mombasa. L’objectif est de placer la pêche artisanale et les communautés côtières au cœur de l’ambition nationale pour l’océan. Le ministre Abubakar Mahmoud a insisté: « aux Comores, la conservation marine ne réussira pas sans les communautés de pêcheurs ». Il a présenté ce à quoi le gouvernement s’est, concrètement, engagé devant la communauté internationale.

 

 « Nous nous engageons à élargir et à renforcer nos quatre parcs nationaux marins, afin d’étendre leur couverture et d’améliorer leur efficacité écologique. Nous nous engageons à promouvoir progressivement la création de zones de gestion artisanales. Ces espaces côtiers ont un objectif simple : réserver l’accès aux ressources en priorité aux pêcheurs artisanaux, exclure la pêche industrielle des zones sensibles, sécuriser vos droits d’usage, protéger les habitas critiques, et confier la gouvernance et la surveillance aux communautés elles-mêmes. Nous nous engageons à formaliser un cadre national pour les Aires marines gérées localement. Autrement dit : faire reconnaitre par l’Etat, en droit, les zones que les pêcheurs délimitent, gèrent et surveillent eux-mêmes. Un modèle que les Comores entendent s’approprier et adapter à leur réalité, en complément des Parcs nationaux ».

Cependant, en ouvrant les discours officiels après la lecture de versets du Saint-Coran, le président de l’association des maires de l’île, Issouf Abou a démontré que « les récifs ne se limitent pas à nos communes, les poissons circulent ». Le maire de Domoni a ainsi interpelé les instances communales à s’engager à préserver l’initiative du gouvernement.

Quant au chef de l’exécutif de Ndzuani, il a rappelé que la mer est un don naturel avec toutes ses richesses, en s’inspirant de versets du Livre saint. Gouverneur Zaidou Youssouf a surtout évoqué le ternissement  de ce miroir bleu avec la dégradation du récif corallien par l’action anthropique. Il a fait constater que le récif se meurt obligeant les piroguiers à s’éloigner et revenir souvent avec moins de prises. Le gouverneur a aussi évoqué les conflits récurrents entre pêcheurs de différentes localités et a appelé les maires à s’impliquer pour préserver la paix. Dr Zaidou a loué la noblesse du métier de la mer et s’est montré frustré par l’abandon de la pêche par les jeunes qui placent leurs espoirs au-delà des mers. C’est ainsi qu’il a réitéré la collaboration des administrateurs communaux dans le règlement des conflits et donner un engouement du métier à la jeunesse.

Le Forum des pêcheurs et pêcheuses, tenu à Mirontsi et conduit par l’Ong Dahari, s’est achevé sur des échanges entre travailleurs et travailleuses de la mer sur l’engagement du gouvernement à soutenir leurs efforts. Notamment sur l’engagement de protéger au moins 30% des espaces marins et côtiers d’ici 2030, étant à 6% actuellement.