Les diagnostics des secteurs de l’eau et de l’énergie révèlent un consensus sur les réformes nécessaires, la gouvernance, les capacités institutionnelles et la viabilité tarifaire du secteur public.
Les résultats du diagnostic institutionnel et organisationnel des secteurs de l’énergie et de l’eau de l’Union des Comores ont été présentés lundi 15 juin dans un hôtel de la place. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du Projet national de résilience du secteur de l’eau (Pnrse) et de l’appui à l’opérationnalisation de l’Agence de régulation des secteurs de l’énergie et de l’eau Arsee.
La rencontre, organisée par l’Arsee, visait à partager les résultats des études, recueillir les observations des parties prenantes et parvenir à un consensus sur les recommandations stratégiques devant orienter les prochaines réformes des secteurs de l’eau et de l’énergie.
Selon la directrice de cabinet du ministère en charge de l’Energie, de l’Eau et des Hydrocarbures, Antufati Soidri, aucune ambition de développement ne peut être atteinte sans des services énergétiques et hydrauliques performants, reposant sur une gouvernance efficace.
Elle a rappelé que le gouvernement a engagé des réformes structurelles importantes, matérialisées par l’adoption de nouveaux cadres juridiques. Elle a toutefois souligné que le principal défi reste leur application effective sur le terrain. Elle a aussi insisté sur la nécessité de garantir la viabilité financière du secteur, de favoriser l’investissement des producteurs indépendants et de stabiliser le cadre tarifaire. Ces réformes s’appuient notamment sur le Code de l’eau adopté en 2021, le Code de l’électricité en 2023, ainsi que la création de l’Arsee en 2025.
Garantir un arbitrage neutre
Ces textes instaurent un modèle fondé sur une séparation claire entre la définition des politiques publiques, la régulation et l’exploitation des services.
À l’issue des échanges, le directeur général de l’Arsee, Saïd Mohamed Nassur, a indiqué que les rapports de diagnostic ont été discutés de manière à dégager un consensus sur les principaux défis et priorités de réforme. Les recommandations stratégiques ont été consolidées, et les orientations de mise en œuvre précisées afin de renforcer la compréhension commune du nouveau cadre de gouvernance par l’ensemble des acteurs sectoriels.
Parmi les recommandations figure le renforcement de l’autonomie de la régulation, notamment à travers des pouvoirs de contrôle tarifaire, de qualité et de sanction confiés à l’Arsee, afin de garantir un arbitrage neutre entre l’État, les opérateurs et les usagers.
Les participants ont également exprimé des préoccupations concernant «le risque de capture du régulateur». Ils ont par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle de la qualité de l’eau distribuée par les camions-citernes et autres fournisseurs privés, bien que ceux-ci soient considérés comme des clients de la Société nationale d’exploitation et de distribution de l’eau, Sonede.




