Le rapport rendu par les médecins mandatés pour mener les examens approfondis a suggéré d’autres investigations, notamment, une coronarographie diagnostique et thérapeutique, certes indisponible aux Comores, mais qui peut être remplacée par un autre examen, selon la contre-expertise.
Près d’une semaine après la fin des examens médicaux qu’il a recommandés sur l’état de santé de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi, le parquet général a rendu les conclusions de cette expertise médicale. Lors d’une conférence de presse tenue le mardi 16 juin, le procureur général, Ahamada Hamidou, a indiqué qu’une évacuation sanitaire vers l’étranger n’était pas retenue à ce stade. Le parquetier général a assuré que si une recommandation allait dans ce sens, il aurait émis un avis favorable.
Début mai, des révélations de nos confrères de La Gazette des Comores faisaient état de problèmes de santé affectant Ahmed Abdallah Sambi. Quelques jours plus tard, les autorités judiciaires ont effectué au moins deux visites au domicile du détenu sis à Vwadjuu, transformé depuis son incarcération en annexe de la prison de Moroni, afin de s’enquérir de son état de santé.
Par la suite, une équipe de cinq médecins, dont le médecin traitant de l’ancien chef de l’État, a été mandatée pour approfondir le diagnostic. Toutefois, ce n’est que le 8 juin que les résultats ont été transmis au bureau du procureur général, lequel a dénoncé les fuites ayant entouré leur divulgation.
Avant de rendre ces conclusions publiques, les autorités ont sollicité une contre-expertise confiée au docteur Saïd Moussa, chef du service d’anesthésie-réanimation de l’hôpital El-Maarouf. Ce dernier était présent lors de la conférence de presse tenue mardi. S’appuyant sur le dossier médical d’Ahmed Abdallah Sambi qu’il a consulté, le docteur Saïd Moussa s’est également entretenu avec l’équipe médicale ayant réalisé, ces dernières semaines, une batterie d’examens afin d’établir un diagnostic approfondi sur l’état de santé du leader du parti Juwa.
«Pas d’urgence»
Selon Dr Said Moussa, en aucun moment, il n’a été mentionné dans le rapport définitif qu’il y a urgence d’une évacuation. « Je n’ai pas vu un critère qui va dans le sens d’une évacuation sanitaire ou qui laisse entendre que le pronostic vital est engagé. Pour l’instant, les médecins et les équipements dont nous avons besoin sont disponibles. Si dans l’avenir, une nécessite d’évacuation se fait ressentir, il n’y a aucun intérêt à s’y opposer », a ajouté le médecin qui est aussi revenu sur la réalisation d’une coronarographie.
Cet examen recommandé par l’équipe médicale mandatée par le parquet général, peut attendre, souligne le docteur Saïd Moussa. «Le but d’une coronarographie est d’étudier si les vaisseaux coronaires sont obstrués, et dans le cas échant, procéder à une thérapie. Mais il existe un examen alternatif qui, lui, est disponible aux Comores. Autant y recourir d’abord puisque l’état du patient le permet», a expliqué le chef du service anesthésie et réanimation de l’hôpital El-Maarouf, qui a avoué que ce sujet avait fait l’objet d’un débat entre lui et l’équipe médicale auteure du dernier rapport sur Sambi.
Cette exigence de précision va ainsi aboutir à l’appel d’un médecin ou cabinet étranger pour venir aux Comores procéder à d’autres examens. Aucun indice sur cette équipe n’a été divulgué pendant la conférence de mardi au cours de laquelle, le procureur général a démenti les informations circulant ces temps-ci selon lesquelles Sambi était dans un état critique.
A cette occasion, le parquetier général a rappelé que les conditions carcérales de l’ancien président sont largement meilleures que n’importe quel détenu du pays. «Qu’on ne prenne pas ces largesses pour une faiblesse », a-t-il mis en garde, tout en dénonçant les fuites d’informations liées à l’état de santé de l’ancien chef de l’Etat.
Au sujet du communiqué qu’il a publié la veille de l’Aïd, et qui a suscité de nombreuses réactions au point d’être qualifié de « fake news» par le médecin traitant de l’ancien président, le procureur Ahamada Hamidou a indiqué s’être appuyé sur trois éléments, dont une déclaration du fils d’Ahmed Abdallah Sambi.


