À Ndzuani, une mission gouvernementale mobilise autorités locales et acteurs techniques autour de l’élaboration du Schéma d’aménagement territorial, un outil stratégique qui vise un développement équilibré, planifié et inclusif de l’île.


En mission à Ndzuani depuis mardi dernier, les secrétaires généraux des ministères de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement ont entamé une série de rencontres institutionnelles. Reçue par le gouverneur de l’île mardi, la délégation a ensuite engagé une phase de sensibilisation autour du processus d’élaboration du Schéma d’aménagement territorial (Sat). Cette démarche est appuyée par le projet Ulanga Mali.


Un atelier de sensibilisation et de formation s’est tenu mercredi et jeudi à Mutsamudu, réunissant une trentaine de participants. Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le secrétaire général du ministère de l’Aménagement du territoire, Mohamed Madjid, a situé le cadre de cette initiative. «Il s’inscrit également dans le cadre de la mise en œuvre du Ptba 2026 du ministère, qui prévoit de doter Ngazidja et Ndzuani d’un outil de planification stratégique pour le développement urbain, rural, social et économique du territoire à travers le Sat.

 Il s’agit notamment de renforcer la capacité d’attractivité de chaque île en assurant un développement équilibré du cadre de vie des habitants. L’objectif principal de cet atelier est de créer les conditions pour une implication des autorités locales sur les questions de l’aménagement du territoire et du développement urbain, en particulier le Sat de Ndzuani », a-t-il indiqué. Poursuivant son intervention, il a insisté sur l’organisation du processus et le rôle des acteurs locaux. «Les grandes phases de l’élaboration du Sat et le rôle en tant que membre du Comité de pilotage sont clarifiés. D’ores et déjà, un bureau d’étude est recruté pour réaliser ce travail.

 Nous vous encourageons à collaborer et à partager les informations avec le prestataire recruté pour appuyer le ministère dans le cadre de l’élaboration de cet outil stratégique. Le Comité de pilotage aura un rôle important à jouer dans ce processus puisque c’est lui qui doit valider les documents proposés par le prestataire. C’est pourquoi, en plus de la sensibilisation, il vous sera donné quelques critères d’évaluation des livrables du Sat pour pouvoir analyser leur contenu», a-t-il fait savoir.

Les spécificités locales

Intervenant à son tour, le directeur de l’aménagement du territoire, Mohamed Abdou, a apporté des précisions sur les objectifs techniques du Sat. «C’est de faire une répartition équilibrée des infrastructures, avoir des infrastructures et des activités qui sont proches pour se développer. C’est garantir un développement équilibré entre les zones. Le processus va impliquer toutes les localités, qui doivent définir leurs priorités qui seront prises en compte. C’est un outil qui permet la planification et une anticipation de l’usage des espaces », a-t-il expliqué.


Dans la continuité, il a détaillé certains principes d’aménagement intégrés dans le document. «Parmi les principes de l’aménagement, il y a le zonage, par exemple délimiter physiquement les zones agricoles, urbaines ou encore les équipements et infrastructures. Puisque nous sommes des îles, chacune d’elle doit avoir son schéma. Le Sat s’accompagne avec le plan de développement urbain, qui lui est limité par commune ou ville », a-t-il précisé.
Au niveau du gouvernorat, le responsable de l’aménagement du territoire chargé de la coopération décentralisée, Aichem Hissami-eddine a évoqué les spécificités locales. «Le Sat, c’est un document de planification stratégique qui va étudier l’île par rapport à ses conditions, pour mettre en place des activités de développement tout en prenant en compte les réalités, la position de l’île et les difficultés.

C’est dans cette île qu’il y a beaucoup de montagnes notamment. Quand on prend l’exemple de Mutsamudu qui est trop saturée, on pourrait mettre en place des activités administratives ou de croissance dans d’autres localités. Cela permettrait un équilibre du développement de l’île et permettra également de réduire les déplacements», a-t-il conclu.