Installée récemment à Bandamadji la Itsandra, à Ngazidja, Kalathoumi Ali-Djoussouf a fait le pari de développer une parfumerie spécialisée aux Comores. Entre passion, défis liés à l’importation et volonté de valoriser les produits locaux, elle partage sa vision d’un secteur en pleine évolution et riche en opportunités.
Qu’est-ce qui vous a motivée à créer une parfumerie spécialisée et à investir aux Comores ?
C’est avant tout une passion pour moi, j’ai toujours été attiré par l’univers des parfums, de la beauté, et du bien-être. Et en observant le marché comorien, j’ai constaté qu’il existait une réelle demande pour les produits de qualité mais que l’offre spécialisée restait encore limitée. J’ai donc souhaité créer mon entreprise dédiée à la parfumerie et aux cosmétiques.
Quel accueil les clients ont-ils réservé à votre boutique depuis son ouverture ?
Les gens l’ont bien accueilli. Ils apprécient particulièrement le concept, la qualité des produits proposés ainsi que l’expérience d’achat que nous essayons d’offrir ; Nous recevons beaucoup de retour positif, notamment le choix des parfums, de l’aménagement de la boutique et les conseils personnalisés, c’est motivant.
Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face depuis votre installation ?
Comme beaucoup d’entrepreneurs, nous faisons face à des défis liés l’importation des marchandises, aux délais de transport, et aux couts logistiques. Il faut aussi sensibiliser les consommateurs à l’importance de choisir des produits authentiques. Malgré cela nous restons déterminés à développer une offre de qualité et à répondre notre clientèle.
L’approvisionnement en parfums et en produits cosmétiques constitue-t-il aujourd’hui un frein au développement de votre activité ?
Pas forcément. L’approvisionnement reste un défi dans de nombreux secteurs, pas seulement pour les parfums et les produits cosmétiques. Dès qu’il s’agit des produits importés, on rencontre des difficultés liées aux délais, aux couts de transports, à la disponibilité des marchandises selon les fournisseurs. Dans notre domaine cela demande beaucoup d’organisation et de rigueur pour pouvoir proposer régulièrement des produits fiables et de bonne qualité.
Comment garantissez-vous la qualité et l’authenticité des produits que vous commercialisez ?
La qualité est l’une de nos priorités. Nous travaillons uniquement avec des fournisseurs sélectionnés avec soin et nous vérifions systématiquement l’origine des produits. Nous privilégions les circuits d’approvisionnement fiables afin d’offrir à nos clients des produits authentiques, en plus lui-même peut essayer le produit sur place et en juger, c’est aussi une exigence essentielle de notre part.
Observez-vous une évolution des habitudes de consommation des Comoriens en matière de parfumerie et de cosmétiques ?
Oui clairement. Les consommateurs sont aujourd’hui mieux informés et plus exigeants. Ils cherchent davantage la qualité et l’authenticité. On constate également un intérêt croissant pour les nouvelles collections de parfums, les produits de soin et les nouveautés internationales. Cette évolution est très positive pour le développement du secteur.
Quelles mesures permettraient, selon vous, de favoriser l’essor des entrepreneurs dans le secteur de la parfumerie et des cosmétiques aux Comores ?
Selon moi, il serait bénéfique de faciliter certaines démarches liées à l’importation et de renforcer les dispositifs d’accompagnement des entrepreneurs. Un meilleur accès au financement, à la formation et aux réseaux professionnels permettrait davantage à des jaunes entrepreneurs de concrétiser leurs projets. Le pays dispose d’un véritable potentiel dans l’univers de la parfumerie, comme l’Ylang-ylang, une matière première d’exception recherchée utilisée dans les plus grandes maisons de parfumerie.
Il serait intéressant de mieux valoriser cette richesse, soutenir sa transformation sur place et encourager les initiatives de transformation car cela favoriserait la création d’emplois. C’est d’ailleurs dans cette optique que nous avons choisi de privilégier les produits fabriqués localement dans notre boutique, comme en témoigne notre partenariat avec la maison Wutamu qui est spécialisée dans la production locale de la parfumerie et cosmétiques locaux.




