Le ministère de l’Économie et celui des Finances, l’administration des Douanes ainsi que des organisations non gouvernementales ont participé à la deuxième journée de l’atelier consacrée aux travaux de groupe, devant permettre aux participants d’approfondir les résultats de l’évaluation, de confronter leurs analyses et de dégager des propositions concrètes.
Un atelier national consacré à la restitution de l’évaluation des besoins du secteur de la pêche en vue de la mise en œuvre de l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) sur les subventions à la pêche, s’est déroulé au Retaj les 18 et 19 août. La rencontre a réuni des représentants des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers, des experts ainsi que des acteurs du secteur de la pêche.
À l’ouverture des travaux, Youssouf Ali, directeur général adjoint de la pêche, a souligné l’importance de cet atelier pour accompagner les Comores dans la mise en œuvre de leurs engagements internationaux. Il a rappelé que l’Accord de l’Omc vise notamment à lutter contre les subventions qui favorisent la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (Inn), à encadrer les subventions liées aux stocks surexploités et à renforcer la transparence ainsi que les obligations de notification.
Pour les Comores, nouvellement membre de l’Omc depuis 2024, la question revêt une importance particulière. Les participants estiment qu’en tant qu’État insulaire fortement dépendant des ressources marines, «le pays doit à la fois préserver ses ressources halieutiques et renforcer ses capacités institutionnelles, techniques, scientifiques et administratives». Selon Youssouf Ali, l’évaluation présentée durant l’atelier ne doit pas être perçue comme un simple état des lieux. Elle doit surtout permettre de déterminer les actions à entreprendre, les institutions responsables, les ressources nécessaires et les échéances à respecter.
L’étude fait notamment ressortir des besoins dans plusieurs domaines : «le renforcement du cadre juridique et institutionnel, l’amélioration de la coordination entre les administrations, le suivi, le contrôle et la surveillance des activités de pêche, la lutte contre la pêche Inn, ainsi que l’amélioration de la collecte et de la fiabilité des données halieutiques». Le document ouvre d’autres réflexions.
Un futur projet de Catégorie 2
L’évaluation des stocks, la transparence et la notification des subventions figurent également parmi les priorités identifiées. «Le renforcement des compétences des administrations concernées et la mise en place d’outils permettant de suivre et de documenter les subventions publiques accordées au secteur constituent également des enjeux importants», a-t-on souligné.
Pour Youssouf Ali, les travaux doivent désormais permettre de passer du diagnostic à l’action. «L’objectif est d’identifier et de hiérarchiser les mesures prioritaires, de préciser les responsabilités et d’évaluer les ressources nécessaires afin d’élaborer une feuille de route réaliste et opérationnelle», a-t-il expliqué. «Cette feuille de route pourrait notamment servir de base à la préparation d’un futur projet de Catégorie 2 dans le cadre du mécanisme de financement destiné à soutenir la mise en œuvre de l’Accord de l’Omc sur les subventions à la pêche», a-t-on ajouté.
La mise en œuvre de cet accord ne concerne pas uniquement le ministère chargé de la Pêche. Elle nécessite la participation de plusieurs administrations et institutions, notamment celles chargées du Commerce, des Finances, de l’Environnement, des Douanes, des Affaires maritimes et du contrôle et de la surveillance, ainsi que des structures scientifiques et des organisations professionnelles du secteur.
Mahamoudou Abidina, consultant international principal Subvention à la pêche (Sap-Omc), a indiqué que l’atelier constituait l’aboutissement de six mois de travaux consacrés à l’évaluation des besoins du pays. «Nous avons présenté les travaux réalisés au cours de ces six derniers mois», a-t-il expliqué, précisant que quatre experts spécialisés avaient participé aux travaux afin d’apporter leurs expertises sur les différentes dimensions du secteur.



