Les dockers de la Société de gestion et de transport maritime à Ndzuani réclament le paiement d’émoluments remontant à 2023 et la régularisation de leurs conditions de travail. Ils donnent quinze jours à la compagnie avant de saisir les autorités compétentes.
Une cinquantaine de dockers employés par la Société de gestion et de transport maritime (Sgtm) à Ndzuani demandent la régularisation de plusieurs années d’impayés et l’amélioration de leurs conditions de travail. Dans une lettre datée du 26 juillet et adressée au patron de la compagnie, Michel Labourdère, les travailleurs ont officiellement mis leur employeur en demeure de répondre à leurs revendications. Présente depuis plus de vingt ans dans le transport maritime inter-îles, la Sgtm, compagnie basée à Mayotte et exploitant notamment les navires Maria Galanta et Ntringui, est accusée par ces employés «de ne pas avoir honoré plusieurs engagements salariaux.
Les sommes réclamées remonteraient à 2023». Les dockers affirment avoir déjà alerté l’inspection du travail de l’île au cours du premier semestre 2024. «Par l’intermédiaire de l’inspection du travail d’Anjouan, vous avez déjà été officiellement alerté, au cours du premier semestre 2024, de l’existence d’importants impayés de rémunérations remontant à l’année 2023, ainsi que des conditions de travail particulièrement inhumaines dans lesquelles nous sommes contraints d’exercer nos fonctions. Ce signalement est demeuré sans effet», écrivent-ils.
Selon les auteurs de la lettre, aucune mesure concrète n’aurait été prise depuis les premières alertes. «Après les premiers manquements dénoncés, aucune mesure concrète n’a été prise afin de rétablir une situation conforme aux exigences les plus élémentaires du droit du travail et au respect dû aux travailleurs», déplorent-ils.
«100 euros»
La lettre précise que la rémunération convenue entre les dockers et la compagnie était de «100 euros». Les salariés dénoncent cependant «le non-respect des engagements pris». Ils soulignent également l’absence de formalisation écrite de leurs relations de travail. «Pourtant, nous accomplissons quotidiennement les tâches les plus pénibles liées à l’activité maritime, notamment le déchargement des bagages et marchandises, les opérations de manutention, le nettoyage des navires ainsi que divers travaux physiques particulièrement éprouvants», soulignent-ils dans leur courrier.
Les dockers rejettent l’idée de revendications excessives. «Nos revendications ne constituent en aucune manière des privilèges. Elles tendent uniquement à obtenir le respect de droits élémentaires reconnus tant par les normes nationales que par les engagements internationaux applicables», font-ils valoir. La mise en demeure formule cinq principales demandes. Les travailleurs réclament d’abord la régularisation des rémunérations qu’ils considèrent comme impayées.
Ils demandent également «une amélioration de leurs conditions de travail, dénoncées comme difficiles depuis plusieurs années». Les dockers exigent ensuite la formalisation de leur situation professionnelle à travers des contrats écrits conformes aux dispositions légales applicables. Ils souhaitent aussi l’élaboration et la mise en œuvre d’un règlement ou de tout autre dispositif permettant de garantir des conditions de travail respectueuses de la dignité des travailleurs.
Ils demandent enfin que les engagements pris par la compagnie soient effectivement appliqués et que leur situation soit régularisée dans les meilleurs délais.
La mise en demeure prend effet dès la réception du courrier. Les travailleurs accordent à la Sgtm un délai de «quinze jours» pour donner suite à leurs revendications.
Menace d’une saisine
Les dockers entendent désormais donner une dimension institutionnelle à leur démarche en cas d’absence de réponse de la compagnie. Dans leur courrier, ils indiquent être prêts à saisir les autorités compétentes. Les salariés rappellent, par ailleurs, que la Sgtm, immatriculée à Mayotte depuis 2004, serait concernée par les obligations découlant des législations applicables.



