À Shuani, l’interruption de la distribution d’eau dépasse désormais les 120 jours, contraignant la Sonede à justifier des délais techniques persistants.

 

À Shuani, l’eau est devenue une ressource rare, et le quotidien s’organise désormais autour d’une attente immobile. Depuis plus de quatre mois, le liquide ne coule plus dans les robinets, plongeant la localité dans une crise hydraulique persistante. À la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede), le dossier semble marquer le pas, tandis que sur le terrain, l'impatience grandit.


Pour Saïd Ali Allaoui Mohamed, résident de la localité, la situation est devenue difficilement soutenable. Il décrit « une épreuve quotidienne » pour remplir un simple jerrican. Dans une ville où, selon lui la majorité de la population dépend du réseau public, l’arrêt de la pompe équivaut à une véritable paralysie sociale. 

Une commande est déjà faite

«Franchement, c’est dur. Je suis obligé de me rendre aux bornes-fontaines de la capitale, Moroni, avec mes bidons. Aujourd’hui, les solutions s’épuisent », confie-t-il, déplorant un manque de réactivité de la société. Pour lui, le constat est préoccupant : au-delà des aléas techniques, c'est la gestion de ce service essentiel qui impacte le quotidien de milliers de personnes. 


Mohamed Hassane Kapachiya, attaché de presse de la société, reconnaît le blocage. «Les pompes actuellement en stock ne sont pas compatibles avec la configuration spécifique du forage de Shuani. Le problème est que le forage, tel qu’il est fait, ne correspond plus aux pompes disponibles”, explique-t-il. 
La solution?  Une commande à l’étranger. La société assure que le nouvel équipement devrait arriver sur le territoire d’ici deux semaines. «Une commande est déjà faite», indique Mohamed Hassane Kapachi. Reste à savoir si ce nouveau délai sera tenu. À Shuani, entre-temps, on ne compte plus les jours, mais les litres d’eau qu’il reste au fond des cuves.