Le Palais du peuple accueille les activités prévues les 18 et 19 août, avant que la Maison de l’Emploi ne prenne le relais pour la dernière journée. Cette nouvelle édition met l’accent à la fois sur l’accès à l’emploi, l’entrepreneuriat et le renforcement des compétences.

 

La sixième édition du Salon de l’emploi a ouvert ses portes hier, mardi 18 août, au Palais du peuple, en présence du chef de l’Etat, Azali Assoumani, entouré du premier vice-président de l’Assemblée de l’Union, Zoubeir Ahmed, du ministre en charge de l’Emploi, Saïd Mohamed Ali Saïd, du gouverneur de Ngazidja, Mze Ibrahim Mohamed. Diverses autorités comme le directeur de cabinet du président chargé de la Défense, Youssoufa Mohamed Ali et le ministre de l’Economie, Moustoifa Hassani Mohamed ainsi que de représentants de partenaires avaient pris part à cette séance d’ouverture du salon. 


Organisé par la Maison de l’emploi (Mde), en collaboration avec plusieurs partenaires institutionnels et privés, le salon vise à créer « un espace privilégié d’échanges entre les chercheurs d’emploi, les entreprises et les différents acteurs engagés dans le développement professionnel aux Comores», selon une note distribuée aux médias. 

Des ateliers pratiques

L’évènement, qui se poursuit jusqu’au jeudi 20 août, réunit une diversité d’acteurs : entreprises, recruteurs, administrations publiques, partenaires techniques et financiers, entrepreneurs, porteurs de projets ainsi que des personnes à la recherche d’un emploi. L’objectif est de faciliter les échanges et, surtout, de rapprocher les compétences disponibles des besoins du marché du travail.


Plusieurs activités ont été proposées au public, notamment des séances de «job dating», des ateliers pratiques, des conférences et des rencontres professionnelles. Le dispositif accorde une attention particulière aux jeunes, aux femmes et aux personnes en situation de handicap. Pour les jeunes en quête d’une première expérience professionnelle, «le salon constitue une occasion de découvrir les possibilités offertes par les entreprises présentes et de prendre contact directement avec les recruteurs. Les demandeurs d’emploi peuvent, de leur côté, explorer des perspectives d’embauche, de reconversion ou de formation».


L’entrepreneuriat occupe également une place importante dans cette édition. Des expositions permettent de mettre en avant des produits locaux ainsi que le savoir-faire de jeunes entrepreneurs comoriens. La Maison de l’Emploi a également mis en place un «village de l’emploi», conçu comme un espace dédié aux rencontres directes entre candidats et entreprises. À travers les séances de «job dating», les participants ont eu la possibilité de présenter leurs profils et d’échanger avec des recruteurs à la recherche de nouvelles compétences.


La question du développement des compétences figure également parmi les thèmes abordés. Un atelier consacré à la formation professionnelle a notamment réuni des représentants du ministère de l’Éducation et ceux de l’Université des Comores. «Cette dimension traduit la volonté des organisateurs de ne pas limiter le salon à la seule mise en relation entre employeurs et candidats. L’enjeu consiste également à réfléchir à l’adéquation entre les formations proposées et les compétences recherchées sur le marché du travail », a-t-on expliqué.

La formation au cœur des échanges

A l’occasion, le chef de l’État a rappelé, dans son allocution, que la question de l’emploi constitue une priorité depuis son accession à la tête du pays. «Notre jeunesse n’attend pas des promesses, mais des portes ouvertes», a-t-il déclaré, évoquant notamment les vertus de la formation, de l’entreprise, de l’innovation et de l’emploi digne. Pour le président Azali Assoumani, «le Salon de l’emploi est désormais devenu un rendez-vous incontournable de la vie nationale». Il représente «un espace permettant de rapprocher les jeunes des opportunités professionnelles, mais aussi de mettre en lumière les initiatives entrepreneuriales et les dispositifs d’accompagnement existants».


Le chef de l’État a également insisté sur « le rôle central de l’entrepreneuriat dans l’économie nationale ». Selon les chiffres avancés par la Maison de l’emploi, près de 90 % des unités de production et 70 % de l’emploi privé reposent aujourd’hui sur l’entrepreneuriat comorien, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire, du tourisme, de la pêche, de l’artisanat et du numérique. Face à cette dynamique, le gouvernement entend renforcer les mécanismes d’accompagnement et étendre les dispositifs à l’ensemble des îles de l’archipel.
Cette volonté se traduit également par la mise en place de nouveaux outils en faveur de l’employabilité. Le président de la République a notamment salué l’ouverture prochaine d’un centre d’employabilité porté par l’Agence universitaire de la francophonie (Auf), dans le cadre d’un partenariat avec l’Université des Comores. 


Cette initiative, selon lui, illustre les résultats qui peuvent être obtenus lorsque l’État, l’université et les partenaires internationaux unissent leurs efforts autour d’un même objectif.
Le déploiement des programmes tels que «Sowo la Hazi», ainsi que l’installation de points focaux de la Maison de l’emploi dans chacune des îles, participe également à cette stratégie de proximité. Pour le chef de l’État, « c’est au plus près des populations que doit se construire une politique de l’emploi capable de répondre aux réalités du terrain et de ne laisser aucun jeune de côté». 


Dans le même esprit, le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi, Said Mohamed Ali Said, a souligné le travail mené quotidiennement par son ministère en collaboration avec la Maison de l’emploi afin d’améliorer l’orientation et l’accompagnement de la jeunesse comorienne. « Mon ministère travaille chaque jour aux côtés de la Maison de l’emploi pour bâtir les conditions d’une meilleure orientation au profit de la jeunesse comorienne», a-t-il expliqué. Il a également mis en avant le partenariat tripartite conclu entre son ministère, l’Agence universitaire de la Francophonie et l’Université des Comores, qui permettra l’ouverture du nouveau centre d’employabilité. 


En plus des infrastructures et des programmes, le ministère entend également «renforcer l’accès des jeunes à l’information et aux outils nécessaires à leur insertion professionnelle». 
Dans ce cadre, le ministre a remis au président de la République deux documents importants élaborés par la Maison de l’emploi : le premier bulletin d’information de la Maison de l’emploi et le premier guide des métiers. Ces deux outils doivent contribuer à mieux informer les demandeurs d’emploi sur les opportunités disponibles et à leur permettre de mieux connaître les métiers et les parcours professionnels auxquels ils peuvent accéder.