Réuni à Ndzuani, le Comité Maoré a tenu sa première assemblée générale, marquée par ailleurs par une prière symbolique, le renforcement de ses structures et un appel à internationaliser la question de Mayotte.

 

Le Comité Maoré, cette organisation de la société qui milite pour le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble comorien, a tenu, du 24 au 27 janvier à Ndzuani, son assemblée générale. Quatre jours d’échanges, de rencontres et d’actions symboliques à l’issue desquels le bureau de l’association a convié la presse afin de faire le point sur les travaux menés. Parmi les temps forts de cette assemblée, une prière collective organisée à Mirontsi, sur une stèle érigée en hommage aux «victimes du visa Balladur», autrement dit ces milliers de compatriotes décédés en tentant de rejoindre Mayotte à l’aide d’embarcation de fortune.

Un moment de recueillement que les responsables du comité ont qualifié de hautement symbolique. Intervenant devant la presse, le président du Comité, Dr Mohamed Monjoin, a rappelé la ligne directrice de l’association. « Notre souci est de nous éloigner de la France pour que Mayotte revienne aux Comores. Nous voulons que les populations des quatre îles puissent circuler librement et que les échanges soient réciproques », a-t-il déclaré.

 Selon lui, cette assemblée a permis de renforcer les équipes du mouvement autour de cet objectif commun. Le président a également insisté sur la nécessité de «rétablir la vérité historique», à savoir que «l’histoire des Comores ne commence pas en 1841». Les Comores ayant forgé antérieurement une unité socio-politique propre et donc bien avant les explorations européennes.

Internationaliser le dossier

Il estime que les manœuvres françaises affaiblissent le pays sur la question de Mayotte et que «le développement du pays reste impossible sans Mayotte». Revenant sur les objectifs poursuivis durant cette assemblée générale, Dr Mohamed Monjoin a identifié trois axes principaux : la prière en hommage aux victimes du visa Balladur, la rencontre avec la jeunesse de Mutsamudu et le renforcement de l’association. «La prière à Mirontsi a été un véritable succès. Nos morts sont un symbole pour rappeler que Mayotte fait partie des Comores.

 Malheureusement, l’occupation coloniale continue», a-t-il regretté, évoquant également les fortes pressions subies par la section locale de Mayotte, « étouffée par les séparatistes ».De son côté, le secrétaire général du Comité, Ahmed Jaffar, a vivement dénoncé les accords bilatéraux actuels entre les Comores et la France.

 Selon lui, ces accords font la part belle à l’ancienne puissance colonisatrice. «Aujourd’hui, les discussions bilatérales permettent à la France d’intervenir comme elle veut sur notre territoire. Nous avons demandé à l’État l’arrêt de ce dialogue», a-t-il affirmé. Pour le Comité Maoré, la question de Mayotte doit désormais être portée sur la scène africaine et internationale.