Le gendarme des finances publiques s’est attelé sur trois aspects de l’entreprise publique : le personnel, les marchés publics et la gestion financière de la société d’Etat.
Après un premier rapport portant sur l’exercice 2018-2019, la Section des comptes de la Cour suprême a publié un second rapport consacré à la Société nationale de l’électricité des Comores (Sonelec), cette fois sur sa gestion en 2022. Finalisé en mars 2025, cet audit examine notamment la gestion du personnel, qui comptait alors «1 533 agents», ainsi que les marchés de fournitures et de services.
Des mesures pour corriger des disparités
Les vérificateurs relèvent d’abord «des disparités» en termes d’effectifs dans les directions régionales. La politique de rémunération n’a pas été épargnée par les vérificateurs. «Des agents possédant le même diplôme, exerçant la même fonction, voire recrutés la même année, ne perçoivent pas la même rémunération», indique le rapport. La Section des comptes préconise des mesures immédiates pour corriger ces disparités. En 2022, la masse salariale de la société s’élevait à 2 500 571 725 francs. Selon le rapport, elle représentait 13,6 % du chiffre d’affaires et 43,7 % de la valeur ajoutée de l’entreprise.
La Section des comptes s’est ensuite intéressée aux marchés publics de la société. Après examen des documents transmis, les auditeurs ont recensé 18 marchés portant sur des fournitures de biens et des prestations de services nécessaires à l’exploitation de l’entreprise. D’une valeur globale de près de 4 milliards de francs comoriens, ces marchés n’ont pas, selon le rapport, obéit à l’orthodoxie financière classique.
S’agissant des contrats examinés dont l’achat de groupes électrogènes auprès de la société Tec International, la section des comptes n’a pas pu faire ses appréciations faute de données. Tout comme elle n’a pas pu livrer ses analyses pour les mêmes raisons au sujet d’un marché attribué à la société Pac Auto et un autre lié à l’achat d’un véhicule et de trois types de camions de l’entreprise.
Des déséquilibres budgétaires
L’audit pointe enfin des déséquilibres budgétaires au sein de la société. Le gasoil utilisé pour faire fonctionner les moteurs de production d’électricité a représenté une dépense de 9,073 milliards de francs, soit 56 % des charges d’exploitation. Les recettes annuelles de la Sonelec pour l’exercice examiné sont évaluées à 15 965 020 047 francs dans le rapport. Toutefois, les auditeurs constatent que le chiffre d’affaires demeure inférieur au total des charges, avec un écart négatif de 1 047 129 502 francs.
Le document fait également état des incohérences dans la tenue de la comptabilité. «Nous avons relevé en outre des incohérences entre le chiffre d’affaires (15 965 020 417 francs) établi par la Cour et celui reporté au compte de résultat (15 053 743 926 francs), soit un écart de 911 276 491 francs», indiquent les auditeurs.




