En mission à Ndzuani, le directeur général de la Sonelec a dressé un état des lieux préoccupant : difficultés financières, écarts de tarification, audit interne accablant et production électrique insuffisante.
En mission de trois semaines à Ndzuani, le directeur général de la Sonelec, Soilahoudine Moumini, a accordé mercredi un entretien à l’Ortc, antenne de l’île. Les échanges ont porté sur une situation financière jugée « très compliquée », des écarts de tarification pouvant atteindre 30 % et les conclusions d’un audit interne ayant révélé des anomalies financières.
Au cours de cet entretien, le directeur général a détaillé les trois principaux objectifs de sa mission. Il a d’abord évoqué un investissement de plus de 300 millions de francs comoriens consacré à la révision des groupes électrogènes. L’objectif est de garantir que cet effort bénéficie à l’ensemble de la population et améliore la fourniture d’électricité.
Des écarts financiers importants
Le deuxième axe concerne les écarts constatés dans les pratiques tarifaires. «Nous avons relevé des différences au niveau des devis et des pratiques commerciales. Globalement, les tarifs sont entre 20 et 30 % plus élevés à Ndzuani que dans les autres îles », a-t-il indiqué. Le troisième objectif vise l’intégration du personnel de Ndzuani dans un système unifié à l’échelle nationale. Depuis le début de l’année 2025, la situation financière de la société nationale d’électricité demeure préoccupante.
Le directeur général reconnaît des pertes importantes enregistrées en 2025 et un début d’année 2026 peu encourageant. « Nous sommes dans une situation financière très compliquée. Nous parvenons à honorer nos factures, mais sans générer de bénéfices », a-t-il expliqué, précisant que les charges annuelles s’élèvent à 1,3 milliard de francs comoriens. Les compteurs prépayés STS permettent de sécuriser les recettes sans pour autant dégager de marges.
Les conclusions de l’audit interne constituent toutefois le point le plus sensible. La direction générale confirme des écarts financiers importants, estimés à l’équivalent d’un mois de salaire de l’ensemble du personnel, sans préciser le périmètre concerné. Une enquête serait en cours afin d’identifier les responsables. Sur le plan technique, les capacités de production restent insuffisantes pour répondre à la demande. Les besoins de l’île sont évalués à 6 mégawatts, alors que la puissance disponible plafonne à 5,4 mégawatts, malgré les réparations effectuées.


