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Spécial 4000 I Les gardiens du temple

Spécial 4000 I Les gardiens du temple

Société | -   Abouhariat Said Abdallah

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Ils sont à Al-watwan presse édition (Ape) depuis des années. Parfois des décennies. Ils y ont vécu ses hauts et ses bas, “apprécié” et “déploré”. Ils ne semblent avoir, tous, qu’un seul souci : que l’entreprise, parfois devenue leur “maison”, puissent se doter des moyens qui lui permettent de s’affranchir définitivement de certains de ses pesanteurs pour le bien de ses employés. Mais aussi pour son avenir.

 

Mohamed Soilih Ahmed
“Le journaliste n’est pas juge, le juge c’est le lecteur”

Il a posé ses valises à Al-Watwan en 1997, d’abord en tant que correspondant régional permanent. En 1996, il bénéficiera d’une formation financée par le Pnud et la Mission française de coopération. Al-Watwan et la radio nationale ont été associés pour former des correspondants régionaux. Il a commencé à écrire, l’année suivante, dans le journal. Il couvrait l’actualité régionale au profit de Al-Watwan et de la radio nationale.
En 1999, il intégré le journal et y devient journaliste à part entière. “Je faisais les “grands reportages” dans les régions, j’ai assuré la couverture de nombreuses élections sur l’ensemble du territoire. J’ai écrit dans presque toutes les rubriques.

Mohamed Soilih devient rédacteur en chef pour la première fois en 2003. En 2006, il est affecté à Ndzuani où il dirigera l’antenne régionale pendant un an. De retour au siège en 2007 il a été nommé rédacteur en chef, pour la seconde fois. “J’ai été secrétaire de rédaction à deux reprises, responsable des ressources humaines plusieurs années, siégé un certain temps au sein du conseil d’administration et assuré, une fois, l’intérim de la direction durant cinq mois”.
Mohamed Soilih estime qu’Al-watwan c’est un peu aussi sa famille pour y avoir exercé plus d’une vingtaine d’années durant lesquelles il a “fourni le meilleur” de lui-même au service de la boite.

Durant toutes ses années, des choses se sont améliorées “surtout en termes de productivité”. Mais il reste encore beaucoup à faire surtout pour ce qui est de l’équipement. “Il y a eu une période où il y’en avait suffisamment, mais depuis quelques temps, chacun doit venir avec son ordinateur portable personnel, ce qui ne garantit pas vraiment le travail. Il faut que la société dispose de ses équipements”.

Pour la sérénité et les conditions de travail, il estime qu’il y a toujours eu des hauts et des bas. Ce qu’il déplore le plus ces dernières années, “c’est que le travail effectué tend beaucoup plus vers la communication que l’information. On ne fait que courir derrière les faits et gestes des autorités et relayer ou presque leurs communiqués au lieu de creuser pour produire une information complète et équilibrée”. “J’appelle la nouvelle génération à s’améliorer en travaillant dans ce sens et, surtout, à savoir que le journaliste n’est pas juge, le juge étant le lecteur”.

 

Cheha Ali Hamadi
“Je rêve de voir l’édition en arabe passer au quotidien”

Le patron de l’hebdomadaire en arabe a débuté à Al-Watwan par un stage le 20 janvier 2003. A l’époque, le journal en langue arabe se résumait à une page qui arrivait à la dernière page de l’édition française et le département arabe fonctionnait avec deux agents. En 2008, il devint chef du département et rédacteur en chef adjoint du journal, poste qu’il occupe jusqu’à ce jour. “Je suis fier de ce que je fais, d’autant plus que écrire et informer ont toujours été ma vocation”. Sans compter qu’en travaillant dans le service public de la presse il réalise un rêve. “Depuis que j’ai posé mes valises ici, je n’ai jamais pensé à aller ailleurs”.


Cheha aime à relater ses dix-sept ans passés “à la maison”. “J’ai exercé avec des aînés qui aimaient et croyaient en leur travail. Ils ont toujours été solidaires, surtout au niveau de la rédaction qui a toujours été unie pour défendre la cause de l’information et du métier d’informer. Aujourd’hui, les employés viennent juste pour pointer, mais ils n’y pas l’amour du travail. Il manque cette passion d’exercer un travail qu’on aime”.


Son souhait le plus ardent, c’est de voir Al-Watwan devenir un organe indépendant. Selon lui, si le journal n’arrive pas à accéder à cette étape, c’est parce que, ne disposant pas de sa propre imprimerie, ses coûts de fabrication sont trop élevés. “Des moyens d’impression propres, cela faciliterait beaucoup de choses, comme le salaire, car, il faut le souligner, nous avons des salaires trop maigres”.

 

Il est interdit de copier ou de reproduire partiellement ou totalement, cet article sans l’autorisation d’Al-watwan.

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