«En apposant leurs signatures, les acteurs politiques comoriens ont scellé une réconciliation nationale profonde et ouvert un processus devant conduire à l’élaboration de la nouvelle constitution et à l’organisation des élections. Les forces politiques sans exclusive, ont manifesté dans cet accord d’une portée internationale leur attachement à un règlement rapide et pacifique de la question séparatiste», avait écrit Al-watwan en Une de son édition du N°661 du 18 février 2001.
L’image a fait le tour des medias du monde entier le 17 février 2001. Le colonel Azali Assoumani et le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abderemane, les deux principaux acteurs, signant au palais de Bonovo à Fomboni l’Accord-cadre pour la réconciliation nationale. «Après trois ans de crise séparatiste, deux ans de vide constitutionnel, trois conférences internationales organisées sous les auspices de l’OUA et appuyés par les membres de la communauté internationale, un accord cadre impliquant le gouvernement en place, l’Autorité de l’île d’Anjouan et l’opposition nationale est conclu sur l’île de Mohéli. En apposant leurs signatures, les acteurs politiques comoriens ont scellé une réconciliation nationale profonde et ouvert un processus devant conduire à l’élaboration de la nouvelle constitution et à l’organisation des élections. Les forces politiques sans exclusive, ont manifesté dans cet accord d’une portée internationale leur attachement à un règlement rapide et pacifique de la question séparatiste », avait écrit Al-watwan en Une de son édition du N°661 du 18 février 2001.
Quatre faits et principes majeurs
Le document va, en gros, épouser quatre grands faits et principes majeurs. Le document mettra fin premièrement à la crise séparatiste et institutionnelle après des négociations marathon et des compromis difficiles (lire page suivante). L’Accord va deuxiement changer la dénomination officielle du pays autrefois appelé « République fédérale islamique des Comores ». La nouvelle configuration née de « trois lettres » à savoir le NEC (Nouvel Ensemble Comorien) avec une nouvelle dénomination : l’Union des Comores.L’Accord-cadre va, troisiement, poser, pour la première fois dans l’histoire du pays, le principe de partage du pouvoir entre l’Etat et les entités insulaires. Si entre 1975 et 2001, le pays s’est englué dans d’incessantes crises institutionnelles, c’est en grande partie à cause, selon de nombreux observateurs, de la difficile recherche d’équilibre entre les niveaux de pouvoir dans un pays exposé en permanence aux relents autonomistes. D’Etat fédéral à Etat décentralisé en passant par un Etat unitaire concentré et déconcentré, les marges de stabilité ont toujours demeuré minces.

Le document, en mentionnant, noir sur blanc, la vocation d’un partage du pouvoir, a précipité une double conséquence : l’autonomie large des entités insulaire et la mise en place de la tournante, ce fameux principe d’une rotation de la présidence entre les îles. Les deux principaux acteurs ont eu la parade de sauver ce qui peut l’être pour préserver l’essentiel à savoir l’unité du pays. En quatrième et dernier lieu, l’Accord-cadre de Fomboni réaffirmera également les engagements du pays en matière de démocratie, d’Etat de droit et des droits de l’Homme. Les signataires ont surtout convenu de prendre toutes les dispositions pour répondre aux aspirations légitimes de la population en matière de développement socio-économique. Des structures de suivi ont été ainsi mises en place. Le pays, sous la houlette du chef de l’Etat, Azali Assoumani, organisera sa troisième conférence sur le développement (après celles de 1982 et 1992). Il s’agit de la conférence de Maurice qui a eu lieu en novembre 2005 et qui a permis au pays de collecter « 500 millions de dollars » pour amorcer son décollage économique après cinq années de crise dont nous vous présentons ci-dessous quelques dates et faits marquants.




