Vingt-cinq ans après, la date du 17 février continue de marquer l’histoire des Comores. À Ndzuani, plusieurs acteurs se sont exprimés pour rappeler l’importance de cette journée, consacrée à l’unité nationale et à la stabilité du pays. Signé à Fomboni le 17 février 2001, cet Accord-cadre a mis fin à une longue période de crises, donnant la naissance à l’Union des Comores.

 

Dans ce micro trottoir, les intervenants ont insisté sur la nécessité de ne pas réduire cette date à «une simple célébration symbolique». Vingt-cinq ans après, le 17 février demeure désormais «une date importante» pour l’histoire du pays. Attoumane Abdallah Bacar, Inspecteur de l’Éducation nationale, souligne l’importance d’un regard critique sur le processus engagé depuis 2001. «Le processus qui a atténué les difficultés que nous avons connues, c’est l’accord-cadre de Fomboni. Il a tracé un chemin jusqu’à aujourd’hui. Aller à Fomboni, c’est se rappeler l’histoire. Il faut voir ce qui a marché, ce qui n’a pas marché et les axes d’amélioration. Il ne faut pas seulement célébrer, il faut faire un bilan. C’est une bonne chose d’avoir instauré cette fête. Comme le 6 juillet pour l’indépendance, le 17 février doit être une référence. Vingt-cinq ans après, nous sommes ensemble, avec un seul gouvernement. Le bilan est positif, car nous disposons d’un document de base que nous pouvons encore exploiter », a-t-il expliqué. 

L’ancien ministre Mahamoud Salim Hafi fait partie des acteurs de la réconciliation nationale. Il revient sur le contexte difficile ayant précédé la cérémonie de signature de l’accord. « Cette journée est une véritable célébration, le début d’une nouvelle ère. Nous célébrons vingt-cinq ans de paix, après des négociations à Antananarivo et à Addis-Abeba restées sans succès. Il y a eu beaucoup de sacrifices et de concessions avant d’y parvenir. C’est par la suite que la communauté internationale s’est intéressée à la démarche. L’accord a été soutenu par l’Organisation internationale de la Francophonie, la Ligue arabe et l’Union africaine. Une Constitution a été adoptée en décembre 2001. À l’époque, il n’y avait pratiquement plus d’État. La séparation n’était pas une solution. C’est pourquoi nous avons choisi la réconciliation », s’est-il rappelé. 

 

Pour sa part, Fatima Said Ali, femme politique de Ndzuani, indique que le 17 février incarne avant tout un moment de rassemblement national. «Cette date permet de rassembler les Comoriens pour réfléchir aux problèmes du pays. La célébrer montre une certaine maturité politique. C’est un travail pour l’unité nationale, également prônée par notre religion», a-t-elle souligné. De son côté, le coordonnateur de l’action gouvernementale au niveau de l’île de Ndzuani, Rastami Mouhidine, a mis l’accent sur la sensibilisation de la population. «Cette fête fait partie des nouvelles célébrations instaurées. Nous remercions la population d’avoir accepté de la célébrer. Nos prières vont à ceux qui ont œuvré pour l’indépendance et la réconciliation, notamment Ahmed Abdallah Abderemane. Azali Assoumani a initié la réconciliation à travers l’Accord de Fomboni, qui a donné naissance à l’Union des Comores. Les jeunes doivent comprendre pourquoi cette fête existe et son importance », a-t-il insisté. 

Docteur en droit, Ibraza Omar propose une analyse approfondie sur la portée institutionnelle de l’accord. «Je considère la célébration du 17 février comme un moment essentiel de mémoire collective et de responsabilité nationale. L’Accord de Fomboni a été une étape décisive pour préserver l’unité et la stabilité institutionnelle du pays. Aujourd’hui, l’État poursuit l’adaptation de nos institutions aux défis contemporains, tout en consolidant l’esprit de ces accords. Défendre le 17 février, c’est soutenir l’unité nationale, l’autorité de l’État et la continuité institutionnelle, tout en restant attentif aux réformes nécessaires. Il appartient à notre génération d’intellectuels d’accompagner cette dynamique avec loyauté républicaine, sens de responsabilités et ambition pour un État plus fort, plus stable et plus inclusif», a-t-il souligné.