Les stations signataires ont appelé à la mise en place «de critères clairs et transparents de répartition du carburant, l’égalité de traitement entre tous les opérateurs, le renforcement des mécanismes de contrôle de la chaîne logistique et la cessation de toute pratique susceptible de fausser la concurrence».

 

Huit stations-service ont annoncé la suspension de leurs commandes depuis le samedi 18 avril auprès de la Société comorienne des hydrocarbures (Sch). C’est à travers un communiqué de presse que la nouvelle a été annoncée en vue de dénoncer des «pratiques anticoncurrentielles dans le secteur des hydrocarbures». Les stations Bonzami, Albayt, Complexe du Port, Istandra, Malini, Salimani, Beau Rivage et Maliza pointent du doigt «des différences de traitement dans les livraisons entre opérateurs, des retards affectant principalement les stations privées, des anomalies persistantes dans la chaîne de transport et de distribution et des pratiques de démarchage direct de la clientèle des stations indépendantes », entre autres. 


«Des comportements constatés au stade des livraisons, impliquant des chauffeurs et leur responsable, conduisant à ce qu’ils imposent en pratique les conditions d’approvisionnement des stations, en l’absence de contrôle effectif de la chaîne logistique, une organisation du marché susceptible de créer un déséquilibre concurrentiel et des volumes insuffisants et une absence de prévisibilité dans la distribution» sont également des éléments préoccupants relevés à travers ledit communiqué. 


A part ces points avancés, les stations-service regrettent le fait que la station récemment implantée et exploitée par la Sch, située à Maluzini, bénéficierait d’un traitement prioritaire «manifeste» dans l’approvisionnement, avec des livraisons régulières et des volumes supérieurs, y compris en période de pénurie, alors que les stations indépendantes subissent retards et restrictions. « Cette situation se traduit concrètement par une différence notable dans les horaires d’exploitation : la majorité des stations indépendantes sont contraintes de fermer dès la fin de l’après-midi, entre 17h et 18h, faute de stock, alors que la station de la Sch à Maluzini reste ouverte jusqu’à des horaires très tardifs, parfois au-delà de minuit, grâce à un niveau d’approvisionnement largement supérieur», peut-on lire dans le communiqué. 

«La quantité livrée reste la même»

Les stations signataires ont en effet appelé à la mise en place de «critères clairs et transparents de répartition du carburant, l’égalité de traitement entre tous les opérateurs, le renforcement des mécanismes de contrôle de la chaîne logistique et la cessation de toute pratique susceptible de fausser la concurrence».Interrogé à ce sujet, l’inspecteur général de la Société comorienne des hydrocarbures (Sch), Mze Ali Azhar Ahmed, a parlé du rendez-vous demandé par les stations-service auprès de la société d’Etat. « La Sch a attendu hier les patrons des stations, dans le cadre de ce rendez-vous, mais nous avons constaté leur absence sans que nous soyons avertis», a-t-il regretté. 


Par rapport au communiqué, il a tout d’abord précisé que seulement trois stations n’ont pas fait la commande, à savoir Bonzami, Albayt, Complexe du Port. «Pour la livraison, la station Bonzami est celle qui reçoit en premier une livraison. Et non la station de Maluzini», a indiqué l’inspecteur de la boîte. Quant aux «volumes insuffisants», ce dernier a montré que la capacité de vente de chaque station devrait être prise en compte. «La quantité livrée reste la même. La station Albayt se dote de douze pompes, Bonzami possède quatre pompes pendant que celle de Maluzini est équipée de deux pompes. Une station qui opérer avec 12 pompes simultanément verra son stock achevé rapidement par rapport à une autre qui en a la capacité de deux véhicules», a-t-il expliqué.