Une conférence culturelle a retracé samedi dernier à Moroni l’action humanitaire du souverain de Sharjah aux Comores. Depuis trois décennies, ses initiatives dans l’éducation, la santé, les infrastructures et la culture ont marqué durablement l’archipel.
L’engagement de Son Altesse Cheikh Dr Sultan bin Mohamed Al-Qasimi, membre du Conseil suprême des Émirats arabes unis et souverain de l’émirat de Sharjah, en faveur des Comores a été au cœur d’une conférence culturelle organisée samedi 20 juin à la Diwaniya Al-Hamdiya pour la culture arabe aux Comores. Animée par Dr Hamidou Karihila, fondateur et président de cette institution, la rencontre a permis de revenir sur trois décennies d’actions humanitaires et philanthropiques menées par le souverain de Sharjah dans l’archipel. Le conférencier a présenté un parcours marqué par une volonté de soutenir le développement humain, l’accès aux services essentiels et la consolidation des liens entre les Comores et le monde arabe.
Des réalisations visibles
Selon Dr Karihila, Cheikh Sultan bin Mohamed Al-Qasimi fait partie des grandes figures arabes ayant associé gouvernance, culture et action sociale. Son engagement, qui dépasse les frontières des Émirats arabes unis, s’est notamment traduit aux Comores par des interventions dans les domaines de l’éducation, de la santé, des infrastructures et de l’aide humanitaire.
Dr Karihila a rappelé que cette relation s’est renforcée au début des années 1990, notamment à travers l’intervention de Son Altesse en faveur de feu Salim ben Ali Al-Qasimi, ancien responsable comorien. Cet épisode aurait constitué un tournant dans l’évolution des actions de soutien apportées par le souverain aux Comores.
Parmi les projets cités lors de la conférence figure la construction de la Mosquée Al-Qasimi à Moroni, inaugurée en 1998, considérée comme l’un des importants édifices religieux du pays. Le conférencier a également évoqué la création de l’Hôpital Cheikh Sultan bin Mohamed Al-Qasimi à Samba Nkuni, doté d’équipements médicaux modernes, ainsi que le financement d’un programme d’éclairage solaire de la capitale comorienne.
L’engagement du souverain s’est aussi traduit par une aide au secteur énergétique avec une contribution annoncée de 15 millions d’euros destinée notamment à l’acquisition de groupes électrogènes afin d’atténuer les difficultés liées à l’électricité. Dans le domaine social, Dr Karihila a cité la prise en charge médicale de patients comoriens à Sharjah, ainsi que la création d’un immeuble de waqf dont les revenus sont destinés au financement de projets de développement aux Comores.Sur le plan éducatif, l’École Rifka de la Connaissance à Dzahani la Tsidjé figure parmi les réalisations mises en avant. L’établissement accueille plusieurs centaines d’élèves dans un cadre consacré à l’apprentissage et à la formation.
Education et culture
Les bourses d’études accordées à des étudiants comoriens dans les établissements de Sharjah, notamment à l’Académie de police de Sharjah et à l’Université Al-Qasimia, ont également été soulignées. «Ces opportunités ont permis à plusieurs jeunes Comoriens d’accéder à des formations supérieures et de développer des compétences utiles à leur pays», a-t-on souligné. Au-delà de la formation universitaire, le conférencier a insisté sur le soutien apporté aux institutions culturelles et éducatives, ainsi qu’à la promotion de la langue arabe et de l’enseignement islamique dans l’archipel.
L’intervention du souverain de Sharjah ne s’est pas limitée aux projets de développement. Le conférencier a également rappelé son implication humanitaire durant la crise séparatiste de Ndzuani à la fin des années 1990. Selon Dr Karihila, «des actions avaient alors été engagées pour soutenir les populations affectées et favoriser le dialogue dans une période marquée par de fortes tensions, avec l’objectif de contribuer à la stabilité et à la réconciliation nationale».
Le président de la Diwaniya Al-Hamdiya a estimé que l’action de Cheikh Dr Sultan bin Mohamed Al-Qasimi constitue «un exemple de coopération fondée sur le développement durable et la solidarité». Il a exprimé sa reconnaissance «au souverain, aux Émirats arabes unis et à leur peuple pour leur contribution au développement de l’archipel».
Né à Sharjah en 1939, le souverain a consacré une grande partie de son parcours à la recherche, à l’histoire et à la promotion de la connaissance. Titulaire de diplômes universitaires en histoire et en géographie politique, il est également l’auteur de plusieurs ouvrages historiques et a contribué à la création d’institutions académiques et culturelles qui ont renforcé la place de Sharjah comme pôle du savoir dans le monde arabe. Depuis son accession au pouvoir en 1972, il a engagé une politique de développement axée sur l’éducation, la culture et les infrastructures. Cette vision, selon le conférencier, explique en partie l’intérêt porté aux Comores, un pays avec lequel existent des liens historiques et humains anciens.


