Le gouvernement a annoncé la suspension temporaire de la hausse des prix des carburants après des tensions et violences ayant causé des morts, à l’issue de discussions avec les acteurs économiques et syndicaux.

 

Les autorités ont annoncé, samedi 16 mai, au Secrétariat général du gouvernement, la «suspension temporaire» de la mesure portant hausse des prix des carburants, consacrée par arrêté conjoint des ministres des Finances, de l’Économie et de l’Énergie le 5 mai dernier. Selon cet arrêté, le gas-oil passait de 650 à 950 francs, l’essence de 750 à 1000 francs, et le pétrole domestique de 350 à 450 francs à la pompe.


L’annonce a été faite lors d’un point de presse ayant réuni le secrétaire général du gouvernement, plusieurs membres de l’exécutif, le ministre de l’Intérieur, le président de l’Uccia (Union des chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat), ainsi que des représentants du Synaco (Syndicat national des commerçants) et du syndicat des chauffeurs, Usukani wa Masiwa. 


Cette rencontre est intervenue après plusieurs jours de tensions dans le pays, notamment à Ndzuani, où des affrontements ont causé la mort de deux citoyens et fait plusieurs blessés. En amont du point de presse, les représentants du Synaco et d’Usukani wa Masiwa ont été reçus en privé par les autorités afin de poursuivre les discussions engagées depuis plusieurs jours.

Préserver la paix et de privilégier le dialogue

Prenant la parole, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a d’abord adressé les condoléances du gouvernement à la famille du défunt (à l’heure de son intervention un seul décès a été annoncé) ainsi qu’à la population de Ndzuani. «Nous présentons nos sincères condoléances après les événements douloureux survenus vendredi dernier. Nous prions également pour le rétablissement rapide des blessés», a-t-il déclaré. 


Le ministre a insisté sur la nécessité de préserver la paix et de privilégier le dialogue. Selon lui, «les échanges menés cette semaine ont permis de démontrer qu’il est possible de trouver des solutions concertées pour l’intérêt du pays». Il a également annoncé l’ouverture d’une enquête sur les violences survenues à Ndzuani. «Les conclusions seront rendues publiques dans la transparence afin que de tels événements ne se reproduisent plus», a-t-il assuré.


Le ministre de l’Energie et des Hydrocarbures, Aboubacar Saïd Anli, a pour sa part indiqué que le président Azali Assoumani avait entendu les préoccupations exprimées par la population et les acteurs économiques. «Le chef de l’État souhaite avant tout préserver la paix et la stabilité du pays. C’est pour cela qu’il a demandé l’arrêt temporaire de toutes les mesures liées à la hausse du carburant », a-t-il expliqué. Selon lui, cette suspension permettra de poursuivre les concertations afin de rechercher des solutions alternatives et formuler de nouvelles propositions.

 Le ministre a également appelé à une reprise normale des activités économiques dès ce dimanche. «Les commerçants peuvent rouvrir leurs boutiques, les chauffeurs reprendre leurs activités, pendant que les discussions se poursuivent pour trouver des solutions constructives», a-t-il déclaré.

Le président du Syndicat national des commerçants (Synaco), Abdou Boina, a salué l’accord trouvé avec les autorités tout en présentant ses condoléances à la famille de Karim Ousseine, le jeune homme de 20 ans qui a trouvé la mort à Mpagé au cours des émeutes de vendredi soir.  Même satisfaction du côté du secrétaire général d’Usukani wa Masiwa, qui s’est félicité de «la prise en compte des revendications exprimées ces derniers jours».