Après une journée marquée par des marches pacifiques, des barrages et une forte mobilisation populaire à Ngazidja, l’annonce gouvernementale suspendant la hausse des prix des carburants a provoqué, samedi soir, des scènes de célébration à Moroni.
En début de soirée, après l’annonce de la suspension des nouveaux prix des carburants par le gouvernement, la capitale, Moroni, s’est réveillée. La place de l’Indépendance, déserte depuis le dimanche précédent, a rapidement été envahie par la foule venue célébrer «la victoire du peuple ». Klaxons de voitures et de motos, ainsi que l’hymne national, ont rythmé cette soirée de liesse populaire. «Je ne saurais décrire la joie que je ressens depuis l’annonce du gouvernement.
Déjà que nous vivons difficilement, la hausse des prix des carburants allait encore plus nous impacter», s’est réjoui Said Abdou, rencontrée sur place. Un autre chauffeur s’est félicité de l’issue de la grève, espérant le maintien des prix actuels avant d’exprimer sa douleur suite au décès de deux personnes à Ndzuani» Je profite de l’occasion pour adresser mes condoléances aux familles endeuillées à Ndzuani priant pour que les blessés se remettent vite sur pieds », a-t-il confié.
Tôt dans la journée, la grève observée depuis le lundi 11 mai avait pris une nouvelle dimension à Ngazidja. Après quelque temps de calme relatif, les mouvements de contestation contre la vie chère et la hausse du prix des carburants se sont multipliés dans plusieurs régions de l’île, mêlant marches pacifiques et barrages routiers.
Plusieurs régions de l’île
Dans la région Mitsamihuli-Mbude, des chauffeurs ont organisé une marche pacifique rapidement rejointe par des habitants scandant : «Mpaka emafura yapuha», signifiant « usqu’à ce que le prix des carburants baisse». «Nous qui manifestons ici aujourd’hui, sommes les chauffeurs de Mitsamihuli-Mbude. Nous avons juré ne pas barricader les routes. Et c’est ce qu’on a fait, mais cela ne nous empêche pas de crier haut et fort ce qui ne va pas, en appelant les autres chauffeurs à ne pas se laisser berner», expliquait un représentant du mouvement.
Dans la région de Hamahame-Mbwankuu, hommes, femmes et enfants ont également manifesté avec des banderoles où l’on pouvait lire «Non à la vie chère» ou encore «Mwanantsi handjiya ankili», signifiant «le citoyen a pris conscience ». En fin de journée, la contestation s’était étendue vers le sud de l’île.
Les chauffeurs des cellules Bambao ya Hari et Hambuu Ntsinimwapanga s’étaient réunis pour affirmer de nouveau qu’il n’existait désormais «aucun moyen d’acheter le carburant aux nouveaux tarifs». Parallèlement, des tensions avaient été enregistrées aux abords de Moroni. À Vuvuni, des jeunes avaient barricadé la route avant d’être dispersés par les forces de l’ordre. Même scénario à Ikoni et Mde.




