Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a officiellement donné le coup d’envoi mardi dernier d’un exercice de terrain de trois jours axé sur l’assistance humanitaire en cas de catastrophe naturelle. L’événement a été honoré par la présence de nombreux membres du gouvernement, du gouverneur de Ngazidja, de directeurs généraux, ainsi que de représentants de la Banque mondiale, du programme Repair, de l’Easf (Force en attente d’Afrique orientale) et de plusieurs délégués de différents départements ministériels.
Dans son discours, le directeur général de la sécurité civile comorienne, le colonel Abdallah Rafick, a rappelé la vulnérabilité du pays, particulièrement exposé aux risques naturels. Il a parlé des cyclones, inondations, glissements de terrain ou encore d’éruptions volcaniques. Pour lui, il est crucial de s’y préparer. «Lorsqu’une catastrophe survient, nous n’avons pas le luxe de disposer de plusieurs jours pour nous organiser. Les décisions doivent être prises rapidement, les responsabilités doivent être connues et les moyens doivent pouvoir être mobilisés sans délai», a-t-il martelé.
Le patron de la sécurité civile comorienne a mis en avant la nécessité de tester les capacités opérationnelles du pays. « Nous voulons tester concrètement notre capacité à déclencher les secours, à mobiliser les ressources et à les utiliser rapidement au bénéfice des populations affectées.» Le colonel Abdallah Rafick souhaite que cet exercice soit « une épreuve de vérité afin d’identifier les faiblesses, de constater les procédures trop longues, de clarifier les responsabilités ambiguës et de comprendre les défauts et obstacles du système actuel».
Pour l’officier supérieur, «il vaut mieux découvrir nos faiblesses aujourd’hui, dans une simulation, que demain au milieu d’une véritable catastrophe». Le directeur général a rappelé que la priorité absolue de la Dgsc était de «sauver des vies et protéger les populations».De son côté, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a souligné que face à leur vulnérabilité face aux aléas climatiques «les Comores ont accompli de progrès significatifs ces dernières années en matière de réduction des risques de catastrophes».
Ces avancées se traduisent, selon lui, par « la mise en place d’un environnement juridique et institutionnel favorable, impulsé par la volonté du président Azali Assoumani».
Le ministre a notamment évoqué le renforcement du cadre légal à travers l’adoption de la loi sur la gestion des risques de catastrophes, mais aussi «l’élaboration et l’adoption d’une Stratégie nationale pour la réduction des risques de catastrophes révisée pour la période 2024-2030, la création d’un Fonds national d’urgence et de résilience pour disposer de ressources mobilisables rapidement en cas de crise, et un Plan de contingence national régulièrement actualisé».
Selon Mohamed Ahmed Assoumani, tous ces instruments constituent des acquis précieux. Le ministre de l’Intérieur a précisé que cet exercice est bâti autour d’un scénario réaliste d’une menace sur l’archipel du cyclone tropical intense prénommé «Noura». «À travers ce scénario, nous allons tester l’ensemble de notre chaîne de réponse nationale», a expliqué le ministre.
«Et surtout, nous allons tester le mécanisme Repair de financement d’urgence, soutenu par la Banque mondiale, pour nous assurer que toute la chaîne institutionnelle de déclenchement des fonds fonctionne sans délai et sans ambiguïté, et que les ressources parviennent rapidement aux populations les plus vulnérables.»
Avant de clore son allocution, Mohamed Ahmed Assoumani a insisté sur «l’importance de la dimension genre et de l’inclusion sociale » dans ce type de gestion de crise. Pour lui, «Les catastrophes ne frappent pas tout le monde de la même manière. Les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap sont souvent les premières victimes. Une réponse efficace est une réponse qui prend en compte ces inégalités et qui s’assure que personne n’est laissé pour compte».





