Une visite d’une responsable de l’Organisation internationale pour les migrations au Centre national pour l’action de l’État en mer ouvre la voie à une coopération renforcée sur la sécurité maritime, la gestion des frontières, le sauvetage et la protection des migrants vulnérables irréguliers dans l’archipel.

 

La cheffe du bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim) aux Comores, Sonia Jahem Rosi, s’est rendue le jeudi 3 septembre dernier au Centre national pour l’action de l’État en mer (Cnaem). Accueillie par la directrice du centre, Nabsoiti Soulaimana, elle a échangé avec les responsables de cette structure créée en 2023 pour coordonner l’action des administrations intervenant en mer. Cette visite a permis à la représentante de l’Oim de mieux connaître le mandat du Cnaem.

 Les échanges ont porté sur la sécurité et la sûreté maritimes, la surveillance des espaces maritimes et la recherche et le sauvetage.Avec un espace maritime supérieur à son territoire terrestre, l’Union des Comores est confrontée à d’importants défis de surveillance et de protection de ses eaux. Le Cnaem occupe une position centrale pour coordonner les interventions de l’État en mer.


Le centre assure également la coordination des opérations de secours, la lutte contre la pollution marine ainsi que le partage d’informations sur la sécurité maritime. Ces mécanismes participent à la lutte contre les activités illicites, notamment la pêche illégale, les trafics et les migrations irrégulières. La question des migrants en détresse a également été abordée. Nabsoiti Soulaimana a expliqué que le Cnaem pouvait recevoir les alertes, mobiliser les moyens et coordonner les interventions de recherche et de sauvetage lorsque des migrants se trouvent en danger en mer.

Plusieurs pistes de collaboration

Pour Sonia Rosi, cette rencontre intervient alors que plusieurs projets de l’Oim pourraient nécessiter une collaboration avec le Cnaem.  Elle a insisté sur la nécessité d’identifier les domaines d’intervention communs. La représentante de l’Oim a rappelé que son mandat ne se limite pas à la lutte contre l’immigration irrégulière. L’organisation intervient sur l’ensemble des mouvements migratoires, y compris les déplacements inter-îles.


Parmi les domaines envisagés figurent le renforcement de la sécurité maritime dans l’océan indien occidental, l’utilisation du système d’information Midas pour améliorer la collecte des données sur les déplacements inter-îles et l’appui à la gestion des frontières. Cette coopération s’inscrit dans une dynamique régionale. L’Oim travaille avec la Commission de l’océan Indien (Coi) et les gouvernements des Comores, de Madagascar et des Seychelles sur les migrations irrégulières et la lutte contre la traite et le trafic de migrants. 

La protection des personnes vulnérables constitue également un terrain de convergence. Le rôle du Cnaem dans le sauvetage en mer rejoint les efforts de l’Oim et de ses partenaires pour identifier, orienter et protéger les migrants exposés aux risques, notamment les femmes et les enfants. À l’issue de la rencontre, les deux institutions ont souligné la complémentarité de leurs missions et la nécessité d’une meilleure coordination entre les acteurs concernés par ces enjeux.  La visite s’est achevée par une présentation des installations du Cnaem.