Dans un décret, le président de la République a accordé la grâce à 51 détenus, dont 33 qui étaient incarcérés à la prison de Koki, à Ndzuani.

 

C’est devenu presque une sorte de rituel depuis deux ans. A l’approche de chaque aïd el-fitr, ou le jour lui-même de la fête, le chef de l’Etat signe un décret accordant la grâce à des détenus, des trois centres pénitenciers du pays. Ce 18 mars, ils étaient 51 prisonniers ayant bénéficié de la clémence du président Azali Assoumani. Dans la cinquantaine de noms publiés dans le décret, 8 seulement étaient incarcérés à la Maison d’arrêt de Moroni. La majorité des graciés purgeaient leurs peines à la prison de Koki, sur l’île de Ndzuani.

Globalement, ce sont les auteurs d’actes de vols, qui occupent la première place dans ce contingent de prisonniers qui a pu célébrer la fête de l’aïd auprès de leurs proches. Sur ces 23 individus relâchés, ils ont pour la plupart été condamnés à des peines de 4 ans maximum. Les autres délits qui comptent le plus de détenus libérés, sont l’ivresse publique (7 prisonniers), coups et blessures et enfin acte troublant la pratique du jeûne du ramadan. A propos des peines que purgeaient les 51 détenus, la sanction maximale était de 5 ans de prison dont six mois ferme, infligée à M. Mououminou Mansour, reconnu coupable pour vol et menace de mort.


Le service pénitencier de Koki, n’aura pas non plus à surveiller Nayer Elhad, qui avait écopé de 5 ans de prison dont 1 an pour vol. Pour la peine la plus minime qui vient d’être écourtée par la grâce du chef de l’Etat, elle est de 1 mois ferme. C’est Hamada Mmadi Mbaba, emprisonné à la maison d’arrêt de Moroni, pour ivresse publique qui la purgeait.

A la prison de Badjo, réputée plus poreuse que les autres centres de détention, sur les dix détenus graciés, seul Said Mohamed était condamné à 3 ans pour vol. Pour rappel, la grâce présidentielle est une prérogative réservée exclusivement au chef de l’Etat. En effet, l’article 54 de la constitution révisée en juillet 2018 dispose que «le président de la République a le droit de faire grâce». 

Évasion vendredi 

Il faut savoir que ce week-end a aussi été marqué par l’évasion, dans la nuit du vendredi d’une dizaine de prisonniers, dont un condamné pour le viol suivi du meurtre de la petite Faina Rahim, 5 ans, acte macabre commis au mois de mai 2021. Les deux accusés, qui étaient encore mineurs à l’époque, avaient respectivement été condamnés aux travaux forcés à la perpétuité ainsi qu’à une peine de 20 ans de réclusion.

 Mais selon une source pénitentiaire, 5 des détenus sont appréhendés, le soir-même. Pour le sort des autres fugitifs, la justice n’avait toujours pas communiqué sur le sujet au moment où nous écrivions ces lignes.