Cette opération vise à renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire comorien. L’annonce intervient en réponse à une récente tribune du Coordinateur général du Rassemblement de l’Opposition Comorienne consacrée à la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays.
Le ministère de l’intérieur, sous l’impulsion du ministre Mohamed Ahmed Assoumani, affirme, dans un communiqué publié lundi 17 août vouloir privilégier une politique de sécurité fondée sur l’analyse des données, la coordination entre les services et une plus grande rigueur opérationnelle. Le ministère rejette les accusations d’inaction et assure avoir engagé une transformation de son système d’information criminelle. Selon le communiqué, une «Note d’analyse criminelle consolidée», finalisée en août 2026, doit notamment instaurer une nomenclature nationale unique ainsi qu’un contrôle mensuel de la cohérence des données.
«La sécurité ne se décrète pas par des discours ; elle se pilote par des indicateurs fiables», a-t-on souligné dans le communiqué. Pour les autorités, cette évolution doit permettre de disposer d’une lecture plus précise de la criminalité et d’adapter les moyens de sécurité aux réalités observées sur le terrain. L’analyse de «372 affaires» enregistrées entre janvier et juillet 2026 constitue, selon le ministère, la base de la nouvelle stratégie.
Cinq menaces prioritaires ciblées
Les données présentées par le ministère font ressortir plusieurs catégories d’infractions. Les atteintes aux biens et la criminalité économique représenteraient 42,2 % des affaires recensées. Le bloc regroupant les infractions sexuelles et les faits liés aux mœurs, ainsi que les stupéfiants et l’alcool, représenterait pour leur part 43 % des affaires. Sur cette base, le ministère affirme avoir lancé un plan opérationnel de 90 jours ciblant cinq menaces prioritaires.
«Une attention particulière sera accordée à la protection des mineurs et à la cybercriminalité», deux domaines considérés comme nécessitant des réponses spécialisées. Le ministère annonce également la création, dans les 30 prochains jours, d’une cellule nationale d’analyse de la délinquance et du renseignement criminel. Pour les autorités sécuritaires, cette structure doit permettre de renforcer la coordination entre les différents services et de mettre fin, selon le ministère, à la fragmentation actuelle des données relatives à la criminalité. Sur le volet de la coopération internationale, le communiqué fait également état de difficultés techniques concernant les dispositifs liés à Interpol.
Le ministère indique que seules deux bases sur 19 seraient actuellement pleinement opérationnelles et assure avoir engagé un plan visant à rétablir les accès et à régulariser la situation financière. Face aux appels éventuels à l’autoprotection ou à la justice populaire, le ministère rappelle que la sécurité publique relève exclusivement des institutions de l’État. Il met en garde contre toute initiative citoyenne susceptible de conduire à l’arbitraire et insiste sur le respect de la loi, la traçabilité des procédures et l’intervention de la justice.
À travers cette nouvelle stratégie, le ministère entend ainsi privilégier une approche reposant sur les données et la planification plutôt que sur ce qu’il qualifie de «dramatisation». Le plan de 90 jours constituera désormais un premier test de cette nouvelle doctrine sécuritaire, alors que les autorités affichent leur volonté de renforcer à la fois la prévention, la coordination des services et la capacité de réponse face aux nouvelles formes de criminalité.



