A l’instar des autres pays du monde, les Comores ont célébré, le vendredi 7 juin, la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments. Cette année, l’évènement sera rythmé par une série d’activités, selon le comité national codex alimentarus (Cnca), qui a ouvert le bal à l’école primaire Fundi Said Mnemoi (application). Le Codex Alimentarius, ou code alimentaire, est une commission créée par un programme mixte de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture Fao et l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Son but est de protéger la santé des consommateurs, tout en promouvant des pratiques équitables dans le commerce alimentaire, renseigne le site de la Fao.
Puisque le pays fait face depuis février dernier à une épidémie de choléra, qui a déjà fait 133 victimes, le comité national du codex a jugé qu’il était nécessaire de commencer la sensibilisation auprès des enfants. D’où le choix de l’école Application. En présence de près de 70 élèves, dont les plus âgés avaient 9 ans, les organisateurs ont surtout axé les échanges sur la sécurité alimentaire. Durant 30 minutes, Fatouma Hadji, représentant du ministère de la Santé, a animé une séance de questions- réponses avec les enfants.
Vulnérable
Le débat tournait autour des vecteurs de contamination du choléra ou encore, les méthodes de protection contre le «vibrio cholerae», le virus qui transmet la maladie. Les écoliers, dans leur ensemble, étaient capables de répondre à toutes les questions et semblaient conscients des dangers que représentent le choléra et l’alimentation non protégée. Quand l’animatrice demandait les comportements à adopter pour se protéger contre les virus et autres microbes qui se transmettent par voie buccale, ils déclaraient tous que la principale mesure à adopter est le lavage des mains. Fatouma Hadji, qui est également membre du comité national du Codex, a insisté devant les enfants sur l’importance de bien cuire les aliments et laver les fruits avant la consommation. Elle ne manquait pas non plus de souligner qu’il est important de bien vérifier les dates de péremption de certaines conserves. «Certes aucune tranche d’âge ne doit être négligée dans cette campagne, mais il était urgent de commencer par les enfants qui sont les plus vulnérables. Un enfant de 4 ans a même rendu l’âme au début de l’épidémie. C’est ce qui nous a poussé à venir lancer le coup d’envoi dans cette école, d’autant plus que les enfants sont souvent victimes d’un manque d’attention dans la sécurité sanitaire alimentaire», a déclaré le point focal national de la convention du Codex.
Devant la presse, Ahmed Gamao a annoncé d’autres activités qui se poursuivront tout au long du mois de juin. «Il y aura des sensibilisations dans certains lycées et un atelier dédié aux décideurs politiques afin qu’ils nous aident dans le renforcement des mesures comme les inspections au port et dans les marchés, entre autres», a ajouté le point focal national de la convention du Codex.A entendre Ahmed, une politique que chapeautent le ministère de la santé et celui de la production existe déjà. «Mais il faut pousser pour son renforcement, car les inspections, par exemple, nécessitent la mobilisation de plusieurs équipes et des moyens. Nous aimerions également que le cadre règlementaire soit respecté «, a-t-il complété.