La Technopole numérique ambitionne de former 2 000 jeunes aux métiers du digital, réduire la fracture numérique et accompagner 500 entreprises. Elle place la jeunesse au cœur de la modernisation des Comores.

 

La Technopole numérique des Comores se profile comme un pilier stratégique de la transformation digitale du pays et un levier majeur pour l’employabilité des jeunes. Conçu pour former plus de 2 000 Comoriens aux métiers du numérique, le projet entend répondre à un déficit criant de compétences, dans un contexte où plus de 70 % des jeunes n’ont jamais utilisé un ordinateur à l’école. Codage, développement web et mobile, cybersécurité ou encore intelligence artificielle figurent parmi les filières ciblées, avec une attention particulière portée à l’inclusion, puisque 30 % des bénéficiaires seront des femmes.


Le projet prend progressivement corps. Une visite des locaux, situés au sein du ministère des Télécommunications, s’est tenue le mercredi 21 janvier dernier, en présence des responsables et de jeunes déjà engagés dans des initiatives innovantes. Cette rencontre a permis de mesurer l’ampleur des ambitions portées par la Technopole, pensée à la fois comme un centre de formation, d’innovation, de prototypage et d’incubation de projets.
Structuré autour de trois composantes, le programme prévoit d’abord l’installation d’une technopôle à Moroni, véritable hub dédié au numérique. Il comprend ensuite le déploiement de cinq caravanes Stem (Science, technology, engineering, mathematics, «sciences, technologies, ingénierie et mathématiques» en français) itinérantes, appelées à sillonner près de 90 localités par an dans les zones rurales du pays, afin de réduire la fracture numérique.

 Enfin, un volet est consacré à l’accompagnement de 500 petites et moyennes entreprises et artisans dans leur digitalisation, notamment en matière de gestion, d’e-commerce et de cybersécurité. L’ensemble du projet, prévu pour la période 2025-2028, représente un investissement estimé à 4,09 millions de dollars, soit environ 1,72 milliard de francs comoriens, avec l’appui de partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale. Lors de la visite, le directeur de cabinet du ministère, Mvouna Hamidou, a noté la portée stratégique de cette initiative, en rappelant la volonté présidentielle de hisser les Comores au rang des pays technologiquement avancés. Il a notamment évoqué le partenariat noué avec Huawei, grâce auquel douze jeunes ont bénéficié d’une formation spécialisée. Dix d’entre eux développent aujourd’hui des projets, avec le soutien logistique du ministère, qui leur a fourni un espace de travail, des équipements informatiques et des kits robotiques. Depuis début janvier, ces jeunes ont entamé la mise en œuvre de solutions concrètes. Parmi elles figurent un système de pointage électronique par badge et code QR, ainsi qu’une serrure intelligente à empreinte digitale déjà installée au ministère. La phase pilote du projet sera officiellement lancée le 29 janvier, avec pour objectif d’encourager les talents locaux et de favoriser leur insertion professionnelle.


Pour le coordinateur du projet, Nadjim Ahmada, la Technopole est avant tout une aventure portée par la jeunesse comorienne. Formés par Huawei dans le domaine de l’intelligence artificielle, plusieurs étudiants de l’Université des Comores, notamment de l’Iut, ambitionnent de contribuer à la digitalisation des administrations publiques afin d’améliorer les services. Une plateforme numérique des Jeux des îles est également en préparation pour faciliter l’accès à l’information en temps réel et promouvoir le tourisme.