L’union des chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat (Uccia) a réuni hier, mercredi 4 mars, dans son siège, les principaux opérateurs économiques du pays. Objectif : évaluer les risques de perturbation de l’approvisionnement national et anticiper d’éventuelles tensions sur les produits essentiels. Armateurs, importateurs, transitaires, distributeurs et représentants des organisations patronales ont répondu présents à cette rencontre, organisée dans un contexte international particulièrement tendu marqué par la guerre au Moyen-Orient.
Le representant de l’Uccia Hamidou Mhoma, a expliqué la démarche de l’institution consulaire et détaillé les préoccupations exprimées par les opérateurs. «Tout le monde sait ce qui se passe au Moyen-Orient. La guerre a perturbé toute la chaîne logistique, or nous sommes un pays qui importe majoritairement ce que nous mangeons. Il est donc nécessaire de s’asseoir et discuter avec les opérateurs pour savoir exactement où nous en sommes avec la disponibilité des produits de première nécessité », a-t-il indiqué.
Selon lui, si certains produits restent disponibles, d’autres suscitent des inquiétudes comme la farine, même s’il y a des commandes en cours. « Nous attendons incessamment des conteneurs en provenance de Maurice, de Nacala au Mozambique », a-t-il fait savoir. Et d’ajouter que les armateurs ont rassuré sur la continuité du trafic maritime. «Ils nous ont annoncé un programme sur deux mois qui et que pour le moment, rien n’a changé. Aucun bateau n’a interrompu ses services. Donc, on ose espérer que cela va continuer ainsi », a-t-il rassuré.
L’électricité et les produits
pétroliers…
Hamidou Mhoma a expliqué notamment qu’au-delà des produits alimentaires de base, les importateurs de produits carnés ont exprimé des préoccupations en lien avec l’énergie. « Ils ont exprimé des inquiétudes quant à la disponibilité de l’électricité et des produits pétroliers », a-t-il rapporté avant d’ajouter : « les importateurs veulent des garanties auprès de l’État et savoir si le pays continuera à disposer d’hydrocarbures pour pouvoir maintenir leurs importations ».
Il a alors expliqué que, selon eux, l’absence de visibilité pourrait les contraindre à suspendre leurs commandes malgré les assurances faites par la société importatrice des produits pétroliers (lire page 3). « Il est hors de question de faire venir des conteneurs de produits carnés et de voir ces marchandises pourrir dans les chambres froides faute d’électricité », a-t-il relayé. Hamidou Mhoma a ajouté que les importateurs ont notamment demandé la mise en place d’un mécanisme clair qui leur permettra de s’approvisionner en gazole pour alimenter leurs groupes électrogènes. « Avec la panique observée à Moroni depuis deux jours avec des stations-service parfois inaccessibles, ils veulent des garanties car ils redoutent que le manque de carburant puisse mettre en difficulté le fonctionnement des chambres froides », a-t-il souligné.
Le président de la nouvelle Opaco termine ses propos en annonçant la signature imminente de l’arrêté portant création d’une commission d’attribution des licences pour le riz ordinaire. «Nous venons d’apprendre que l’arrêté a été signé et parachevé au niveau du secrétariat général du gouvernement. Nous pensons que, dans la semaine, la commission pourra se mettre au travail et délivrer les licences dédiées à l’importation du riz ordinaire afin de renforcer l’approvisionnement du marché national», a-t-il informé.
Dans un pays fortement dépendant des importations, les opérateurs économiques appellent le gouvernement à l’anticipation et à la concertation pour préserver la stabilité du marché et protéger les consommateurs face aux incertitudes internationales. Ainsi, à travers cette concertation, l’Uccia entend « renforcer la coordination entre acteurs économiques et maintenir une veille constante sur l’évolution du contexte international ». Des rencontres similaires seront annoncées dans les jours qui viennent afin d’évaluer la situation dans les autres îlesn



