Dix structures touristiques et trente jeunes éco-talents bénéficieront d’un accompagnement de douze mois pour améliorer l’offre touristique et favoriser l’emploi aux Comores.

 

L’Ong Ghiyada Affrica a officiellement lancé ce lundi 10 aout à l’hôtel Les Arcades, le projet Comet 2.0 (Comores Éco-Talents), une initiative soutenue par l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) dans le cadre du programme Destination Éco-Talents. D’une durée de douze mois, du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027, le projet vise à renforcer la professionnalisation du secteur touristique comorien, tout en favorisant l’insertion économique des jeunes.

Préservation de l’environnement

Le dispositif cible dix structures touristiques ayant exercé au cours des douze derniers mois sur l’une des îles de Ngazidja, Ndzuani ou de Mwali. 
Il prévoit également la formation et l’accompagnement de 30 jeunes âgés de 18 à 35 ans, souhaitant se former aux métiers du tourisme. 
Au moins la moitié des bénéficiaires devront être des femmes.


À l’occasion du lancement, le secrétaire général du ministère chargé du Tourisme, Abdourahamani Ali Mroivili a réaffirmé sa volonté de promouvoir un modèle touristique durable, en cohérence avec les ambitions du Plan Comores Émergent à l’horizon 2030. Selon lui, le gouvernement considère le tourisme non seulement comme une activité économique, mais également comme un levier de création d’emplois, de développement local et de valorisation du patrimoine national. «Le développement du tourisme aux Comores doit être durable», a-t-il souligné. 


Cette orientation exclut un tourisme de masse susceptible d’exercer une pression excessive sur les ressources naturelles et culturelles. L’objectif selon lui, est plutôt de promouvoir un tourisme responsable fondé sur la préservation de l’environnement, la valorisation du patrimoine, le respect des communautés et une meilleure répartition des retombées économiques sur l’ensemble du territoire. «Une nouvelle génération de jeunes doit, par ailleurs, bénéficier d’une formation professionnelle de six mois.

 Le programme prévoit aussi la construction de quatre restaurants communautaires, destinés à valoriser la gastronomie locale, soutenir les producteurs et générer des revenus pour les communautés», a-t-il déclaré.

Trois principaux leviers

Selon Essodina Gado, incubateur pour l’Ong Ghiyada, Comet 2.0 intervient dans un secteur qui dispose d’importants atouts naturels et culturels, mais dont l’offre demeure encore insuffisamment structurée et visible. Biodiversité marine, paysages volcaniques, écosystèmes préservés, patrimoine culturel et initiatives communautaires constituent autant de ressources susceptibles de soutenir le développement d’un tourisme durable. Le projet ne prévoit pas la création de nouvelles structures touristiques.

Il entend plutôt renforcer et moderniser des initiatives déjà opérationnelles, autour de trois référentiels d’expériences : Green Adventure pour les activités terrestres et de nature, Blue Odyssey pour les expériences marines et lagunaires, et Roots pour les expériences culturelles et immersives. Trois principaux leviers doivent guider cette transformation. 


Le premier concerne la structuration de l’offre, avec notamment la formalisation des expériences, une tarification plus claire ainsi que la mise en place de standards partagés en matière de qualité et de durabilité. Le deuxième levier porte sur la digitalisation commerciale. Des outils numériques doivent être déployés afin d’améliorer la visibilité des acteurs accompagnés et de faciliter la conversion des demandes en réservations. Enfin, le troisième axe concerne l’insertion économique des jeunes, à travers une formation et un accompagnement de trente jeunes éco-talents au sein des structures bénéficiaires.


Au terme des douze mois, le projet ambitionne notamment d’augmenter le chiffre d’affaires des structures accompagnées, de stimuler les réservations générées par les dispositifs numériques et de favoriser l’insertion économique des jeunes formés. Un mécanisme de contribution économique devra également être élaboré avec les bénéficiaires afin d’assurer la continuité du dispositif au-delà du financement initial.