Plus de 190 kilogrammes de cannabis ont été saisis aux Comores depuis début 2025. Aéroports et voies maritimes concentrent un trafic persistant, malgré le renforcement des dispositifs sécuritaires.

 

Le vendredi 13 février dernier, à l’Aéroport international Prince Saïd Ibrahim, la douane nationale, en collaboration avec la police aux frontières, a interpellé une jeune femme comorienne en provenance de France avec 150 plaquettes de shit, soit 14 kilogrammes de résine de cannabis. Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur précise que cette arrestation intervient au moment où venait de s’achever une formation dédiée à la lutte contre les stupéfiants aux frontières. Cette dernière saisie vient de ramener à plus de 190 kilogrammes de résine de cannabis interceptés par les autorités comoriennes depuis le début de l’année 2025 à ce jour.En effet, quelques semaines plus tôt, dans la nuit du 17 au 18 janvier 2026, la Garde-côtes comorienne avait mené l’une des opérations les plus spectaculaires de ces deux dernières années. À bord d’un bateau de pêche intercepté en mer, sept sacs contenant 149 kilogrammes de cannabis ont été saisis. L’incinération s’est déroulée dans la cour du palais de justice de Mutsamudu, sous la supervision du parquet. Cette opération confirme que les voies maritimes demeurent un axe privilégié des trafiquants.


En septembre 2025, une autre saisie importante avait été réalisée à l’aéroport de Moroni. Une femme congolaise, en provenance de Bangkok, avait été identifiée comme propriétaire d’une valise contenant plusieurs kilogrammes de shit. La drogue avait été brûlée le 13 septembre 2025 au palais de justice de Moroni, sur instruction de l’ancien procureur de la République, Elamine Mohamed Said, en présence des autorités sécuritaires. Quelques mois auparavant, le 23 avril 2025, 15,4 kilogrammes de résine de cannabis avaient été incinérés au palais de justice de Moroni. La marchandise, expédiée depuis la France, avait été interceptée par les services des douanes à l’aéroport de Hahaya. Elle était destinée à un certain Abderemane Mourad. Placé en détention provisoire puis transféré au service de santé militaire pour des raisons médicales, le suspect avait réussi à s’échapper avant de quitter le territoire comorien le soir même à bord d’un vol de Kenya Airways, rejoignant la France le lendemain. Cette évasion avait soulevé de nombreuses interrogations sur les failles du dispositif sécuritaire. Aéroports, frontières terrestres et voies maritimes apparaissent ainsi comme des points névralgiques d’un trafic en mutation. Si les saisies record et les incinérations publiques traduisent une volonté de fermeté, les tentatives répétées d’introduction de stupéfiants et certaines défaillances structurelles rappellent l’ampleur du défi.