Doctorante à Madagascar, Mardhua Plasse Abdillah mène des recherches sur les ignames de Ngazidja. Son objectif : valoriser cette ressource locale par la transformation afin de renforcer durablement la sécurité alimentaire.

 

À travers ses travaux de recherche, Mardhua Plasse Abdillah entend démontrer le potentiel des ignames comoriennes dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Cette assistante de laboratoire à la Faculté des sciences et techniques (Fst) de l’Université des Comores soutient, ce mois de juillet 2026 à Madagascar, une thèse de doctorat consacrée à l’«Identification des espèces d’ignames (Dioscorea) disponibles à la Grande-Comore en vue d’une diversification et sécurité alimentaire dans l’alimentation comorienne : possibilité de transformation».


Originaire de Ndrude ya Mbwankuu et mère de deux enfants, la chercheuse a choisi de s’intéresser à cette culture en raison de sa richesse nutritionnelle. Les ignames constituent une source importante de glucides, de protéines et de minéraux. Ses recherches ont permis d’identifier plusieurs espèces présentes à Ngazidja, dont cinq sont consommées localement : Dioscorea alata (chiyazi), Dioscorea esculenta variété 1 (nana ndume), Dioscorea esculenta variété 2 (nana ntche), Dioscorea comorensis R. Knuth (chiyazi msiru) et Dioscorea spp (chiyazi cha chimanga).Parmi elles figure le Dioscorea comorensis R. Knuth, une espèce endémique menacée de disparition faute de mesures de domestication suffisantes. Pour la doctorante, la préservation et la valorisation de ces ressources locales représentent un enjeu majeur pour l’avenir alimentaire du pays.


L’objectif de son étude est double : recenser les espèces disponibles et explorer leurs possibilités de transformation. En collaboration avec le laboratoire Biologie et Santé de la Fst et l’Université d’Antananarivo, plusieurs essais ont déjà été réalisés. «Nous avons transformé les ignames en farine et avec cette farine nous pouvons préparer des bouillies et des gâteaux. Nous avons fait l’essai et ça a marché. Ceci est un pas positif pour la sécurité alimentaire», a-t-elle confié.

Au-delà de la recherche scientifique, Mardhua Plasse Abdillah nourrit une ambition plus large : contribuer à l’autosuffisance alimentaire des Comores. Elle espère également participer à la lutte contre la malnutrition, notamment chez les enfants de moins de cinq ans. Selon elle, la valorisation, la transformation et la conservation des ressources alimentaires locales constituent des leviers essentiels pour répondre aux besoins d’une population confrontée à des difficultés récurrentes d’approvisionnement alimentaire.