L’ancien directeur général des Affaires judiciaires, Soilihi Mahamoud, alias Sako, alerte l’opinion publique sur les risques élevés d’une apparition des maladies dans le territoire national face à la montée incessante du transit des migrants à Mwali, en particulier aux îlots de Nyumashuwa, ainsi qu’à l’Est de l’île. Dans un message relayé sur les réseaux sociaux, le magistrat met en garde les passeurs comoriens qui négocient avec des étrangers pour introduire des migrants aux Comores, ajoutant que cette complicité pourrait mettre en danger la vie de tous les Comoriens. 


« Beaucoup de migrants venant de la région des Grands Lacs transitent aux Comores, en particulier au Sud de Mwali, pour tenter de relier Mayotte, une île comorienne illégalement occupée par la France. Ce voyage s’effectue en collaboration avec des passeurs comoriens. Sachant qu’il y a plusieurs maladies hautement contagieuses qui circulent dans cette zone africaine, l’introduction d’une maladie n’est pas une piste inévitable. Vous, les passeurs comoriens seront les premiers à être contaminés en cas d’un vecteur de maladie. Ne vous détruisez pas vous-mêmes ainsi que vos familles », a alerté cet ancien procureur général et secrétaire général du conseil supérieur de la magistrature. 
L’île de Mwali est de plus en plus devenue comme point de transit pour les réseaux de passeurs qui acheminent des migrants voulant se rendre à Mayotte. 

Disparus dans la nature…

En avril dernier, à Hamavuna, une grande localité de la région de Djando, située à l’Est de Mwali, environs 45 migrants de nationalité tanzanienne, kenyane, burundaise et congolaise ont été interceptés par les villageois à proximité de la plage de ce village. Parmi eux, deux enfants de moins de trois ans et une femme enceinte. 


Le samedi 16 mai dernier une vague de 63 migrants dont 17 mineurs ont été repérés aux îlots de Nyumashuwa. Bien que les autorités locales n’aient noté aucune suspicion de maladie, mais la situation demeure préoccupante. « En réalité, nous devrons avoir un site d’isolement pour les mettre en quarantaine dès leur arrivée à Mwali afin de mieux les contrôler. Malheureusement, on ne dispose pas de cette infrastructure.

En plus de cela, nos moyens logistiques et techniques sont très limités pour faire face à des maladies hautement dangereuses. Cette situation doit interpeller tout le monde car nul ne sera épargné en cas de maladie comme Ebola», a prévenu l’épidémiologiste Rachad Attoumane Keke. S’agissant d’une trace des migrants interceptés dernièrement à Hamavuna, le chef du village de cette localité nous a affirmé que ces derniers se sont évaporés. « Nul ne sait où ils se trouvent actuellement », a-t-il affirmé.