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Transport aérien : L’aérogare de Bandaresalam sous les eaux

Transport aérien : L’aérogare de Bandaresalam sous les eaux

Société | -   Mohamed Nassur Rizki

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Suite à des pluies torrentielles dans la journée du 30 octobre, l’aérogare s’est transformée en une mare, en un laps de temps très court. Pour pouvoir gagner le tarmac, les passagers devaient retrousser le bas de leurs pantalons et enlever leurs chaussures.

 

A l’aéroport de Mohéli Bandaresalam, il y a toujours un goût d’inachevé dans tout ce qui est entrepris. A commencer par la nouvelle aérogare qui a déjà couté la bagatelle d’un milliard de nos francs mais dont il faudrait une “petite” rallonge de 50 millions pour qu’elle puisse être opérationnelle.

En attendant les autorités ont eu, il y a quelques temps, l’idée lumineuse d’assainir les abords immédiats de l’ancienne aérogare pour rendre la vie facile aux voyageurs et (peut-être surtout ?) offrir une visibilité à l’action du gouvernorat.


Pour ce faire, pendant trois mois, les ayant-droits ont été privés de carburant de service pour servir le financement de cette infrastructure. Des femmes regroupées autour de Fatima hamidi, l’épouse du gouverneur, y ont servi pendant des jours.


Alors que l’ensemble de la place à savoir le parking extérieur était déjà pavé de galets, le financement a subitement pris fin et le chantier a, sans surprise, aussi pris fin. Et ce qui devait arriver arriva dans la journée du 30 octobre 2017 avec la première pluie de la saison qui a surpris tout le monde, avec bien entendu ses eaux de ruissellement.


Celles-ci qui étaient habituellement canalisées pour passer à quelques mètres de l’aérogare, se sont trouvées bloquées par les galets du chantier. Mais comme celui-ci a pris prématurément fin, elles ont pris la direction de l’aérogare où la salle d’enregistrement tout comme les locaux de la Paf sont devenus une mare. Pour ce qui est de la salle pompeusement appelée “Vip”, l’eau venait par contre du plafond pour incommoder les hautes personnalités qui s’y trouvaient.


Les passagers pour pouvoir gagner le tarmac devaient retrousser le bas de leurs pantalons et enlever leurs chaussures. Devant pareille situation, l’ancien président Ikililou en a pris pour son grade.


En attendant et pour faire face au désordre, des policières (pas les policiers!) de la Paf ont pris balais et seaux pour parer au plus urgent : c’est que le vice-président en charge du ministère des Transports était attendu et il fallait mettre un semblant d’ordre avant que n’atterrisse son avion en provenance de la capitale fédérale. Il est à espérer que ce coup de semonce va enfin réveiller les différentes autorités pour que le “dossier aérogare” soit retiré des tiroirs avant les grandes pluies qui approchent à grands pas.


Un proche de Bonovo nous a assuré que le palais suivait avec attention la situation mais qu’il était “démuni”.  
D’où l’intérêt, selon lui, d’aller aux assises pour que les îles autonomes puissent retrouver un peu d’oxygène.      

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