La cellule de transport de la douane interdit aux autres cellules de Ngazidja de charger ou décharger des marchandises au port de Moroni.
Dans un communiqué d’alerte publié le 24 août 2026, le bureau exécutif de la cellule de transport du port de Moroni demande aux autres cellules de l’île de ne plus se présenter sur place pour charger ou décharger des marchandises. Une mesure qui suscite des réactions contrastées parmi les usagers et les représentants des chauffeurs. « Le bureau exécutif de la cellule de la douane informe toutes les cellules de Ngazidja qu’aucun véhicule de cellule n’a le droit de prendre des colis à la douane.
Seuls les véhicules officiels de la cellule de la douane sont autorisés à transporter les colis », indique le communiqué signé par le président, Fundi Ali, et le secrétaire général, Bako fils. La cellule justifie cette décision par la nécessité de faire respecter les règles régissant l’organisation du transport entre les différentes cellules et appelle à un respect mutuel entre chauffeurs et adhérents. Une position loin de faire l’unanimité.
Pour Maoulida Alhamid, citoyen, cette décision est excessive et ne tient pas suffisamment compte des contraintes auxquelles sont confrontés les clients. « Je considère que c’est une dictature. La cellule ne connaît ni les moyens financiers en possession des clients, ni les relations que chacun peut entretenir avec le chauffeur à envoyer jusqu’au port», déplore-t-il.
Transport et le fonctionnement des cellules
Selon lui, la décision privilégierait les intérêts des chauffeurs de la cellule de la douane au détriment de la population. « C’est nous, la population, qui sommes appelés à louer les véhicules pour la livraison. Cette cellule devrait nous impliquer dans la prise de décision au lieu de trancher pour son propre intérêt », s’insurge le quadragénaire.
Du côté du syndicat des chauffeurs Usukani wa Massiwa, qui intervient dans la régulation du transport et le fonctionnement des cellules, la mesure est en revanche considérée comme légitime.
Son porte-parole, Moustoifa Hammid, plus connu sous le nom de Chema, rappelle que chaque chauffeur est rattaché à une cellule. «Le sujet n’est pas nouveau. Chaque chauffeur a sa cellule d’affiliation. La cellule de la douane est une cellule comme les autres. Un conducteur de transport en commun ne peut pas se rendre dans la cellule de la douane pour effectuer des livraisons», explique-t-il.
Pour le syndicaliste, le principe est simple : la cellule de la douane doit assurer le transport de la cargaison jusqu’à la gare ou au point de stationnement correspondant au client, avant de laisser la cellule dont dépend ce dernier prendre le relais.Cette organisation vise notamment à garantir une activité aux chauffeurs affiliés à chaque cellule et à éviter les empiètements entre elles.
Elle intervient toutefois dans un contexte déjà marqué par des tensions autour du transport des marchandises au port de Moroni. La cellule de la douane avait notamment été impliquée dans une confrontation avec un grand commerçant qui souhaitait faire sortir du ciment du port à l’aide de ses propres camions.Les chauffeurs de la cellule s’étaient fermement opposés à cette pratique, avant d’être rappelés à l’ordre par le parquet de la République.
La nouvelle mesure relance donc le débat sur l’organisation du transport terrestre des marchandises à Ngazidja, entre la nécessité de protéger les intérêts des chauffeurs affiliés aux différentes cellules et celle de garantir aux commerçants et aux particuliers une liberté de choix dans leurs opérations de livraison.


