Des chauffeurs de taxi et de transport en commun dénoncent des sanctions liées au nombre de passagers et à l’âge des enfants transportés. La police rappelle les règles fixées par le code de la route.
Les transporteurs de taxi-ville et de taxi-brousse tirent la sonnette d’alarme face aux verbalisations infligées pour excès de passagers. Plusieurs conducteurs dénoncent «des interprétations divergentes des règles» relatives au nombre de places autorisées dans les véhicules et à la prise en compte des enfants.À la gare d’Oasis à Moroni, Djamaldine Ahamada, conducteur d’une Dacia Lodgy assurant la liaison entre Bandamadji la Kubwani-Badjini ya Mbwani et Moroni, témoigne des difficultés rencontrées dans l’exercice de son activité. Selon lui, les contrôles routiers ne sont pas toujours appliqués de la même manière selon les agents rencontrés. «Dans ce métier, souvent je trouve plusieurs difficultés. Avec une assurance de neuf places assises, chauffeur inclus, certains agents routiers te laissent passer et certains te verbalisent», affirme-t-il.
Le transporteur évoque également la question de la prise en charge des enfants. Pour lui, deux enfants peuvent être considérés comme un seul passager, tandis qu’un enfant âgé de sept ans doit déjà s’acquitter du prix du transport.Un autre chauffeur, Mihdhoir Oumouri, qui assure la liaison Chamle-Djomani-Vuvuni ya Mbude, rapporte une expérience similaire. Il affirme avoir écopé d’une amende pouvant atteindre 18 000 francs pour avoir transporté un enfant de trois ans considéré comme un passager supplémentaire dans son véhicule de marque Zafira.
Le conducteur soulève également une autre difficulté liée au nombre de places inscrites sur les documents administratifs. «Il y a des cas où la carte grise mentionne neuf places assises et où les forces de sécurité imposent aux chauffeurs de réduire à huit places. Et dans le cas contraire, on risque une amende pour non-respect de cette directive», explique-t-il.
La carte grise comme référence
Face aux inquiétudes exprimées par les transporteurs, la brigade routière de la police nationale rappelle que seul le nombre de places indiqué sur la carte grise et la visite technique fait foi. Le commandant Mohamed Ahamada Moussa explique que cette disposition est directement liée aux garanties offertes par les compagnies d’assurance en cas d’accident. «Si, par exemple, la carte grise et/ou la visite technique de la voiture mentionne dix places assises, tu ne peux pas, chez l’assureur, augmenter le chiffre pour onze ou plus. L’assurance précise bien les personnes prises en charge en se basant sur la carte grise», précise-t-il.
Concernant les enfants, l’officier de police apporte des précisions sur leur comptabilisation dans le véhicule. Selon lui, un enfant porté dans les bras n’est pas considéré comme un passager. Il rappelle également que, conformément au code de la route en vigueur, un enfant de moins de dix ans n’occupe pas une place dans le décompte des passagers. « Un enfant de moins de dix ans n’est pas inclus dans le nombre de places ni considéré comme un passager. Il doit avoir plus de dix ans. Par contre, s’ils sont deux de moins de dix ans, cela équivaut à un adulte», indique-t-il.
Répondant aux accusations de contradictions lors des contrôles, le commandant Mohamed Ahamada Moussa assure que chaque point de contrôle dispose d’au moins deux agents afin de limiter les contestations et de garantir la fiabilité des constats. Il rappelle toutefois que toute verbalisation doit être accompagnée d’un procès-verbal comportant les noms et les signatures d’au moins deux agents. Une procédure censée permettre de départager les versions des conducteurs et celles des forces de l’ordre.




