La localité de Tsinimoipanga a organisé une conférence de presse, dimanche 16 août, pour exprimer son indignation et « dénoncer avec fermeté l’incendie du bâtiment abritant la police municipale ». Un acte qualifié de « barbare » par les responsables de la ville. « Dix jeunes ont été mis en cause dans cette affaire », selon les conférenciers. Les responsables locaux ont condamné « un acte grave » et qui, selon eux, « porte atteinte aux biens collectifs et à la tranquillité de la localité».
Prenant la parole, le maire a annoncé sa détermination à aller jusqu’au bout pour traduire les auteurs en justice. Il a également appelé leurs familles à prendre leurs responsabilités et à contribuer à la reconstruction du bâtiment incendié. Le maire a rappelé que ce bâtiment occupait « une place particulière dans l’histoire de la localité ». Il avait d’abord servi d’école primaire publique avant de devenir un poste de santé, puis un siège de la police municipale. Sa destruction constitue, selon les responsables locaux, « une perte importante pour la communauté ».
Le chef du village a, pour sa part, présenté ses excuses aux autorités locales, notamment le préfet et le maire de la commune de Domba, « pour n’avoir pas pu les informer suffisamment tôt de la situation». Il a ensuite assuré que les responsables de la localité, en collaboration avec la préfecture, la gendarmerie et la police municipale, poursuivront leurs recherches afin de « retrouver les dix jeunes suspects quel que soit l’endroit où ils se seraient cachés». Il a ajouté : «Nous informons les membres de la diaspora de notre indignation et nous n’allons pas croiser les bras».
Il a appelé ainsi la communauté, y compris sa diaspora, à se mobiliser face à ce qu’il considère comme «une atteinte grave aux biens de la ville». Selon le chef village, «les circonstances présentées comme étant à l’origine de cette affaire ne correspondraient pas à la réalité des faits». Il a notamment contesté la version qui aurait circulé après la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux.
D’après les explications fournies lors de la conférence de presse, «l’affaire aurait commencé avec un jeune homme qui avait l’habitude, après la prière du Maghreb, de ramener au madrasat de la localité les enfants qui traînaient dans les rues» de la localité. «Cette fois, il aurait trouvé une adolescente âgée de 14 ans et lui aurait demandé de se rendre au madrasa. Face au refus de la jeune fille, le jeune homme l’aurait giflé, selon le récit présenté par les responsables de la ville».
L’adolescente se serait ensuite rendue à la police municipale pour se plaindre. «Les responsables locaux affirment qu’elle aurait alors déclaré aux agents que le jeune homme avait tenté de la violer. Les agents de la police municipale auraient procédé à son arrestation avant de le transférer à la gendarmerie de Moroni. C’est à la suite de ce transfert que les dix jeunes auraient pris d’assaut le bâtiment de la police municipale avant d’y mettre le feu».
La diffusion d’une vidéo montrant la scène de l’incendie a également été évoquée lors de la conférence de presse. Les responsables de Tsinimoipanga reprochent à la femme qui aurait filmé et commenté les images d’avoir tenu «des propos mensongers ayant encouragé les troubles».
La femme en question et sa mère ont été bannies par la communauté pour une durée d’un an. Les responsables de Tsinimoipanga ont enfin appelé au calme tout en réaffirmant leur volonté d’aller jusqu’au bout pour rétablir les faits et remettre les jeunes en cavale aux autorités compétentes. Ils insistent notamment sur «la nécessité de préserver les biens publics et de privilégier les voies légales pour régler les différends au sein de la communauté».

