L’annulation de la mise en place d’une police municipale aurait engendré différentes réactions dont celles d’Athoumani Msaidié, qui est accusé d’avoir diffamé le gouverneur de l’île autonome de Ngazidja.

 

Son affaire tourne en boucle sur les réseaux sociaux. Depuis le jeudi 19 février dernier, un conseiller municipal de la commune de Mitsamihuli est en détention pour des propos qu’il aurait tenus à travers des canaux numériques. Selon le maire, Chamsoudine Soulé, les déboires d’Athoumani Msaidié, 55 ans, tirent leurs origines de l’installation avortée d’une police municipale qui devait être ouverte à Ndzauze, mi-février. 


A en croire l’édile de la commune de Mitsamihuli Ya Mbwani, c’est bien le gouverneur de Ngazidja, Ibrahim Mze Mohamed, qui serait à l’origine de l’annulation de la cérémonie. « Le conseiller Athoumani a expliqué la situation à travers des interventions sur les réseaux sociaux et dernièrement par le biais d’une lettre ouverte adressée au chef de l’exécutif de l’île, en avançant ses arguments.

Les soutiens du gouverneur ont à leur tour répliqué avec des explications. Quelques jours plus tard, on a convoqué mon conseiller à la brigade des recherches, puis il a été placé en détention », a poursuivi le maire. A la question de savoir s’il estime que son conseiller a tenu des propos déplacés à l’encontre du gouverneur, Chamsoudine Soulé n’a pas souhaité faire de commentaire et nous a renvoyé vers les supports pour appréciation. 


Depuis le 20 février, Athoumani Msaidié, qui passait devant un juge le lundi 23 février, a été inculpé pour « diffamation publique et dénonciation calomnieuse» présumées envers une autorité publique. En cas de condamnation, M. Passoco, sobriquet d’Athoumani, encourra entre deux mois et un an d’emprisonnement et une amende oscillant entre 150 et 300 000 francs, ou l’une de ces deux peines. Pour rappel, cette affaire est née après la suspension de l’ouverture d’une police municipale, approuvée en conseil communal, le 17 janvier au Clac de Mitsamihuli. 

«Nominations ratées» 

Il faut savoir que l’arrestation de ce conseiller municipal a suscité un débat. D’aucuns qualifient son interpellation d’« atteinte à la liberté d’expression», tandis que d’autres jugent «inacceptables » les propos tenus par le conseiller «teintés de villagisme primaire».  Dans sa dernière lettre ouverte adressée au gouverneur de l’île de Ngazidja, Athoumani Msaidié a reproché au successeur de Sitti Farouata de «n’avoir pas fait autant pour sa ville, en termes de nominations», l’accusant aussi de saboter les activités de la mairie. Au final, l’élu municipal a bénéficié d’une liberté provisoire.