Après une semaine de grève du syndicat Usukani wa Masiwa, le transport en commun a repris de manière effective, ce lundi 18 mai 2026, marquant la reprise des activités quotidiennes aux Comores. Le gouvernement a déclaré un retour aux anciens prix des produits pétroliers, soit 650fc le litre de gasoil, 350fc le pétrole lampant et 750fc le litre d’essence. Interrogé sur la suite, Yahaya Ali, représentant des chauffeurs de transport en commun, rend grâce à Allah et remercie les membres pour les démarches entreprises par le syndicat des chauffeurs, Usukani wa Masiwa. «Je me suis soumis à une grève sans poser de questions.

 Heureusement, nous avons eu gain de cause, à savoir le retour à la normale grâce à l’engagement de nos supérieurs (le syndicat, ndlr)», a jubilé ce chauffeur de Sima ya Washili. Ce dernier a souligné que si les tarifs annulés étaient mis en application, «cela aurait conduit les chauffeurs à de très graves conditions de travail». Yahaya Ali a affirmé avoir mis 20litres de gasoil ce lundi matin, à raison de 13.000fc comme précédemment.
Un autre chauffeur de la région Hamahame a exprimé à la fois sa tristesse, sa joie et ses remerciements.

 Youssouf Ali Rambou alias Mchambulu a rendu hommage à l’engagement des syndicats des chauffeurs et des consommateurs, notamment Matsozi et Elarif pour Usukani wa Masiwa, et Abdou Boina pour le Synaco. «Je suis très fier et joyeux de voir, pour la première fois aux Comores, des gens de ma génération réclamer jusqu’à obtenir gain de cause. Je déplore la grève avec la situation ayant conduit à des décès à Ndzuani, je présente ainsi mes condoléances aux familles des regrettés», a-t-il déclaré.

 Pour les tarifs en vigueur, Youssouf Ali Rambou a dit avoir «acheté 15 litre de gasoil à 9750 fc » et applique ainsi les frais de «850fc pour le transport Moroni-Hamahame par personne». L'étudiante Mouzna Maoulida a salué de son côté, la « décision sage » du chef de l’état, estimant qu'elle permet enfin de « vaquer à nos occupations». Pour sa part, le porte-parole du syndicat des chauffeurs, Moustoifa Hamidou, alias Chema, a rassuré concernant le retour aux précédents prix.

 Il a toutefois mis en garde certains chauffeurs qui osent surtaxer les passagers. «Depuis hier dimanche à 17h, le carburant est vendu au prix normal. Je saisis cette occasion pour alerter certains taximen qui surtaxent les passagers jusqu’à 350fc en centre-ville, que le syndicat prendra des mesures contre eux», a-t-il informé.

 Ayant appris la résistance de certaines stations-services qui ne voulaient pas revenir aux anciens tarifs, Moustoifa Hamidou a fait savoir que «le syndicat des chauffeurs a saisi les autorités compétentes pour fermer les stations-services dans la matinée du dimanche si elles ne s’alignaient pas à la nouvelle déclaration du gouvernement.Ce n’est qu’à la fin de la journée qu’un compromis a été trouvé pour la réouverture de ces stations dans le respect de cette déclaration».

 En visitant les stations-services, le constat est satisfaisant. De la station Elbeit, à celle de Moroni-Hankunu, à la station Mouzdalifa, située à Moroni-Hadoudja, les anciens tarifs s’appliquent à la règle. Abderemane Djounga de la station-service Mouzdalifa affirme n’avoir rien vendu dimanche et dit attendre lundi pour appliquer les anciens tarifs. «Ici, on vend au prix normal. Je constate un défilé de véhicules venant s’approvisionner en carburant», a déclaré le pompiste.