Réunis samedi dernier à l’Union des chambres d’agriculture, de l’élevage et de la pêche (Ucaep), des producteurs de vanille, de girofle et d’ylang-ylang ont appelé le gouvernement à sortir ces filières de l’impasse, marquée notamment par l’absence de prix officiel de la vanille depuis plusieurs années.
Au nom de l’Association des agriculteurs des filières de rente, les producteurs ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un désintérêt progressif des pouvoirs publics pour des cultures qui ont longtemps contribué à l’économie nationale. «Depuis six ans, ces filières n’entrent plus en considération», ont-ils déploré, par la voix d’Ahmed Ahmed Ali, président de l’association des producteurs de vanille.


L’absence de prix officiel de la vanille constitue l’une de leurs principales préoccupations. Agriculteur, Ismaël Mladjao a estimé que les producteurs ont besoin d’un cadre clair pour pouvoir planifier leurs activités. «Que ce soit bon ou mauvais, un prix doit être communiqué», a-t-il déclaré, indiquant que des stocks de vanille invendus seraient encore entreposés dans certains magasins.Pour les producteurs, la revendication ne porte pas nécessairement sur la fixation d’un prix élevé, mais sur la nécessité de disposer d’une référence permettant aux différents acteurs de la filière de travailler avec davantage de visibilité. «Nous implorons le gouvernement car nous sommes fatigués d’attendre», a poursuivi Ahmed Ahmed Ali.

Appel à la diaspora

Les agriculteurs souhaitent également associer la diaspora comorienne à leur démarche. Ils l’appellent à soutenir leurs revendications et à contribuer à la recherche de solutions permettant de relancer les filières de rente.Le président des producteurs de vanille a rappelé l’importance de ces cultures pour les familles comoriennes. «Nous n’exportons pas des poissons ou autre chose, mais ces trois produits sont les seuls à être exportés à l’étranger», a-t-il souligné, faisant référence à la vanille, au girofle et à l’ylang-ylang.Selon lui, ces productions ont notamment permis à de nombreuses familles de financer leurs dépenses quotidiennes et la scolarité de leurs enfants. «Ce sont des produits qui ont contribué à financer les études de nos enfants. Ce ne sont donc pas des produits à négliger», a-t-il insisté. Les producteurs ont en fin de compte demandé une intervention des pouvoirs publics et s’adressent directement au chef de l’État. «Nous appelons le chef de l’État à nous sortir de cette impasse», a ajouté Ahmed Ahmed Ali.