Les travaux de construction des villas avancent à grands pas à Moindzaza Djumbé. Moins de trente jours après le lancement du chantier, quatre villas ont été construites alors que les travaux de finition d’une dizaine d’autres touchent à leur fin. La livraison du village est prévue le 31 mai 2027, soit deux mois avant le coup d’envoi des premiers jeux des îles de l’Océan indien en terre comorienne. Le coût du chantier est de 14 milliards de francs comoriens mobilisés grâce à un pool bancaire mis en place pour faciliter ce chantier d’infrastructure de grande envergure.

 

«Les 200 villas ont été attaquées au même moment». Tel est le message livré à Al-watwan, ce mercredi 30 septembre au cours d’une visite guidée sur le site en compagnie de la directrice générale de la Société de projet de village (Spv), Faouzia Vitry. Les ouvriers du chantier se complètent et se relaient jours et nuits pour donner corps au projet de construction des 200 villas censées accueillir les athlètes attendus à Moroni pour les 12eme Jeux des îles de l’Océan indien, en août 2027.  «Ce qui se fait, c’est du jamais vu dans l’histoire de notre pays», souligne Attoumane Said, chef de mission de la Société de génie civil (Sogc). «Ce qui était hier un défi est aujourd’hui une réalité qui prend forme. Après des années d’engagement au service de la coopération dans l’Océan Indien, je suis particulièrement fière de mettre aujourd’hui cette expérience au service de mon pays et de contribuer à relever ce défi historique », s’est réjouie, Faouzia Vitry avant de nous conduire vers les zones de construction pour découvrir l’état d’avancement des travaux. 

Quatre villas déjà construites
  
Le site de 30 hectares grouille d’activités. La pluie qui s’abattait quelques minutes après notre arrivée n’a pas entamé la détermination des différentes équipes toujours à l’œuvre, vêtus de leurs tenues de chantier, de gilets et de ponchos de pluie pour certains. Les uns comme les autres ont affiché la même endurance et le même état d’esprit sur le défi à relever.  Des bulldozers et d’autres engins sont éparpillés un peu partout en train de dégager les terrains pour laisser place aux travaux d’infrastructures et de maçonnerie. «Ce sont des travaux lourds. Mais nous avons tous les moyens et toutes les conditions pour les mener à bien», a souligné, l’air optimiste, un ouvrier de l’entreprise chinoise Cysic, en train de couler du béton sur une semelle filante. Sur place, ouvriers, maçons, charpentiers, carreleurs et même électriciens respirent, à chaque étape, la suite des travaux qui les attendent, jours après jours et démontrent le même engouement. 


Moins d’un mois après le lancement du chantier, la pression est ainsi au maximum sur le site du village des jeux des îles. Résultat : quatre villas déjà construites et une dizaine d’autres en phase de bétonnage. La rapidité avec laquelle le chantier arrive à prendre forme s’explique en partie par la cadence des activités et la pression exercée par les bureaux de contrôle des travaux. «Il y a une bonne harmonie entre tous les acteurs : la Spv, les entreprises et les bureaux de contrôles des travaux», se félicite Faouzia Vitry. L’enchaînement des travaux est facilité sur place par le choix du dispositif mis en place par les différentes équipes. Les 200 villas sont prévues en effet sur un site long de plusieurs terrains à perte de vue. Un travail à la chaîne permet ainsi aux entreprises mobilisées de gagner du temps et du terrain au fur et à mesure que se dégage les terrains à bâtir. Les travaux de terrassement d’une zone sont ainsi immédiatement suivis des travaux d’infrastructures et de maçonnerie.

 

Le revêtement des sols en béton, l’implantation des semelles, la construction de la fondation, l’élévation des murs et le crépissage se font à un rythme soutenu sur les terrains en lotissements. «Les travaux se font simultanément», explique Attoumane Said, chef de mission de la Société de génie civil (Sogc). «Il y a toujours des travaux à faire. Il n’y a pas du temps à perdre », ajoute le technicien. Au milieu de nos échanges, un ingénieur chinois annonce vouloir déjà entamer la pose des claustras dans les vérandas des quatre villas déjà construites avant d’engager les travaux de jardinage. La commande des lits d’athlètes a été lancée tout comme les travaux Vrd (voirie, réseaux et divers) qui consistent à faire la voirie, à mettre en place un dispositif de sécurité, à rendre opérationnel le réseau d’eau, d’électricité et de communications (internet haut débit par fibre optique), à prévoir des espaces verts et de loisirs, des plans de canalisation des eaux, d’assainissement et de gestion des déchets, entre autres.

«20 villas» à sortir de terre «à chaque mois»

Le projet de construction du village des jeux est doté d’une enveloppe de 14 milliards de francs comoriens mobilisés dans le cadre d’un pool bancaire : l’Union des Meck, la Meck-Moroni, le Sanduk d’Anjouan, Exim bank et Afg bank. «Je suis également très fière que ce projet soit financé à 100 % par des banques comoriennes : cela a du sens et démontre notre capacité à mobiliser nos propres forces pour construire l’avenir. Avec la Banque Centrale, le COJI et l’UCCIA, nous sommes pleinement mobilisés autour d’une même ambition : relever ensemble ce défi», a encore souligné la présidente de la Spv, Faouzia Vitry. On compte sept entreprises (deux chinoises et cinq comoriennes) mobilisées pour le chantier. Entre 800 et 1000 ouvriers et employés travaillent sur le site. 


Selon Attoumane Said, les entreprises prévoient une moyenne de « 20 villas » à sortir de terre « à chaque mois » pour un délai de dix mois. Dans cette première phase d’attaque du chantier, les entreprises travaillent d’arrache-pied sur six terrains, soit dix villas par terrain. «D’ici le 20 octobre, nous sommes capables de construire 20 villas. Et puis viendront les travaux de finition des autres villas dont les murs des fondations sont déjà en cours de construction», a encore souligné Attoumane Said.

Selon le technicien, une villa sera bâtie sur une aire de 400m2 et devrait disposer de quatre chambres pour accueillir quatre athlètes, cuisine, toilettes, une petite salle de repos. «Nous allons démarrer les travaux de carrelage en janvier 2027 et d’ici là le village va presque prendre toute sa forme », souligne encore le technicien de la Société de génie civil (Sogc). «Sous l’impulsion du Président de la République, nous avançons avec détermination pour être au rendez-vous de 2027. Cette réussite doit être celle de tout un pays : chacun doit pouvoir se sentir concerné, s’approprier ce projet et être fier de montrer que, lorsque nous unissons nos forces, les Comores sont capables de relever de grands défis», a conclu Faouzia Vitry. La livraison du village est prévue le 31 mai 2027.