Des organisations de la société civile luttant contre les violences basées sur le genre ont convié la presse samedi dernier au restaurant le Select, Moroni, pour condamner la mort de Naïcha Mmadi Abdou, âgée de 22 ans, a subi des sévices avant d’être tuée et brûlée. Initiée par l’Ong Hifadhwi, cette conférence urgente a vu la présence de l’Ong Salam, du mouvement Ngo’shawo, des associations Petits Anges, Faina et  Mwana tsi wamdzima.

A l’occasion, la présidente de l’Ong Hifadhwi, Sitti Attoumane, a adressé ses condoléances à la famille de la défunte, avant de revenir sur les récents cas de de viol et d’assassinat et de plaider pour une solution radicale. Elle a cité les deux filles victimes de Mafoura, Hafsoit en 2022, Yousra, Hikma et Djoumlati en 2025, Roukaya, Mounaya (…) et enfin Naicha M’madi Abdou dont le corps a été brûlé et retrouvé hier vendredi 22 mai 2026 dans un champ à Dzahadju la Mbadjini. «Les victimes sont agressées par des proches que l’on n’aurait jamais soupçonnés. Nous aurions aimé que l’État revienne à l’application de la peine de mort comme c'était le cas pendant le règne d’Ali Soilihi où nous vivions dans la paix »,
De son côté, Fatouma Abdallah de l’Ong Hifadhwi a proposé de recourir à de solutions locales comme le «gungu» tout en suggérant d’abandonner les communiqués, les conférences ou les marches pacifiques qui sont sont souvent empêchées.  Autre recours évoqué, se rapprocher des politiciens, des religieux et des volontaires pour définir des solutions de proximité. Elle met en évidence l’application du «mankatala kutila», (que celui qui tue soit tué, ndlr), si des solutions locales ne sont pas trouvées ».

Appliquer la peine capitale 

Citant un exemple d’un enfant de 8 ans violé par son oncle et qui n’arrivait pas à s’asseoir lors de l’audience tenue à l’occasion, la présidente de « Ptits Anges », Hissani Msa Hazi Rassoul, réclame, pour sa part, que la justice applique le «manakatala kutila». Elle a également saisi l’occasion pour condamner les comportements déplacés, qui mène vers la délinquance,.À son tour, la présidente de l’association Faina, Sitti Omar Tamou, a condamné l’acte commis sur Naïcha, avant d’évoquer les autres actes de viol faits sur les garçons aussi victimes. Elle espère ainsi obtenir, à partir de cet abus, une solution contre les violences faites aux hommes et aux femmes.Le président de l’Ong Salam, Azhar Soulaimane, a salué l’initiative de se retrouver ensemble en urgence et l’implication de la jeunesse de Dzahadju la Mbadjini contre cette agression. Il a appelé à la rétenue et au calme pour la stabilité entre les localités de Fumbuni et Dzahadju.

 «Gardons douloureusement le deuil, que notre colère causée par ce ou ces malfaiteurs ne nous emporte pasvers une déstabilisation. On doit faire preuve de retenue pour la scolarité des étudiants entre les deux localités, pour nos occupations journalières. Nous appelons à la responsabilité», a-t-il plaidé. Enfin, l’ancienne présidente de l’ONG Hifadhwi, Rahamatou Goulam, s'appuyant sur la publication faite par le Secrétaire général du gouvernement (SGG), Nour El Fatah Azali, plaide pour l’application de la peine de mort comme solution. Elle appelle l’ensemble des associations présentes à s’unir pour frapper toutes les portes afin que les coupables périssent. «Depuis 2012 que nous sommes engagés dans ce combat, la solution de Mikiro, Mafura et sa bande, est d’appliquer la peine capitale», a déclaré avec fermeté l’ex-présidente. Touchée par la scène, une voix d’émotion s’est élevée dans la foule pour demander de saisir le chef de l’Etat, dans les plus brefs délais «car il est le seul à pouvoir décider» pour empêcher les gens d’opter pour l’auto-justice.