La récéption technique de la route reliant Mvuni à la forêt de Boboni a eu lieu ce lundi 31 août. Cet ouvrage doit faciliter l’accès aux zones agricoles de Boboni.

 

C’est en présence du Ministre de l’Agriculture Daniel Ali Bandar et de son cabinet, du coordonnateur du Projet de Résilience des Systèmes Alimentaires aux Comores (Fsrp_Km) et de son équipe, du Maire de la commune de Bambao yadjou, du bureau de contrôle Uni conseil Afrique ainsi que de l’entreprise The Arab Contractors, chargée de l’exécution des travaux que s’est déroulée cette réception technique.


D'une longueur de 4 kilomètres et financée à hauteur de près de 600 millions de KMF, cette piste a bénéficié de travaux majeurs incluant l'aménagement de la chaussée, la pose de systèmes de drainage et la construction d'ouvrages d'assainissement et de dalots. Ces aménagements garantissent des conditions de circulation optimales et la pérennité de l'infrastructure. Initialement lancés dans le cadre du PIDC, les travaux ont été menés à terme par le Fsrp_Km, grâce au soutien financier de la Banque mondiale. Cette réception technique représente une étape clé avant la réception définitive de l'ouvrage.

Contribuer à l’autosuffisance alimentaire

Cette infrastructure doit contribuer au désenclavement des zones agricoles de la région de Bambao, en facilitant notamment le transport des récoltes.
La zone de Boboni, connue depuis longtemps pour ses activités agroforestières, occupait déjà une place importante dans l’économie locale avant la période coloniale. Sa production était notamment destinée à l’exportation à partir de l’embarcadère de Salimani Hambou.


Lors de sa visite sur le site, le ministre Daniel Ali Bandar a salué la qualité des travaux réalisés. Pour les autorités, cet ouvrage s’inscrit dans la politique gouvernementale visant à améliorer l’accès aux espaces agricoles et à soutenir les producteurs. L’objectif affiché est également de réduire considérablement le temps consacré au transport des produits agricoles, afin d’encourager les agriculteurs à augmenter leurs superficies cultivées et, à terme, de contribuer à l’autosuffisance alimentaire du pays. 


Le développement des activités socio-économiques dans les zones rurales figure également parmi les ambitions associées à cette infrastructure.  «C’est un investissement qui met l’agriculteur au centre du développement rural. Une piste se garde. Les communautés sont appelées à s’impliquer pour préserver cet ouvrage», a déclaré le ministre. Du côté des exploitants agricoles, la réalisation de cette piste est accueillie favorablement. Azhar Hassane, agriculteur de la zone, estime que l’amélioration de l’accès aux champs pourrait redonner vie à des espaces agricoles progressivement délaissés.

«Le temps est passé de cinq heures de marche à deux heures de marche. Les personnes plus âgées qui avaient abandonné la zone reprennent petit à petit en prenant des taxis ou des voitures privées pour se rendre dans les champs», témoigne-t-il.Selon lui, l’amélioration des conditions d’accès devrait également permettre aux agriculteurs de transporter plus facilement leurs productions. «Aucun paysan n’hésitera à cultiver intensément parce que désormais il pourra transporter ses récoltes, quelle que soit la quantité», estime-t-il. Si certains habitants souhaitent voir la piste prolongée au-delà de son tracé actuel, Azhar Hassane appelle néanmoins à considérer les impératifs de protection de l’environnement. 


La zone de Boboni se trouve en effet dans le périmètre du parc national du Karthala, un espace particulièrement sensible sur le plan écologique. «C’est déjà un grand soulagement d’avoir cette voirie», souligne-t-il, tout en rappelant que plusieurs associations, notamment Ngo’shawo, ainsi que des projets gouvernementaux, œuvrent à la protection de la faune et de la flore dans cette partie du parc.

 «Aller au-delà, c’est entrer au fin fond du parc et porter atteinte à la biodiversité», prévient-il. La piste Mvuni–Boboni ne devrait pas constituer un cas isolé. Les autorités ont indiqué que d’autres projets de voiries rurales sont envisagés dans la région de Bambao. Ces infrastructures doivent permettre de rapprocher davantage les zones de production des axes de transport et des marchés.