Le phénomène prend de l’ampleur dans le pays et les modes opératoires des malfaiteurs évoluent et inquiètent la population.

 

Le vol de téléphones portables et la casse de véhicules stationnés sont devenus des phénomènes récurrents dans la capitale. Autrefois, le vol de téléphones mobiles survenait principalement à la suite d’un oubli dans un taxi ou d’une perte. Aujourd’hui, il prend une tournure beaucoup plus préoccupante et soulève de réelles questions de sécurité publique.Le constat est alarmant : certains voleurs agissent désormais le visage cagoulé et n’hésitent plus à s’introduire dans les habitations. Plus inquiétant encore, les agressions en pleine rue semblent se multiplier. Récemment, Al-watwan a été témoin d’un incident survenu dans le quartier de Maahadi. Un groupe de quatre jeunes hommes a intercepté un passant et lui a ordonné de leur remettre son téléphone portable. Refusant d’obtempérer, ce dernier a tenté de leur résister.

 

Une altercation s’en est suivie avant qu’il ne parvienne finalement à s’éloigner d’eux. Pour la police, l’on assiste à une évolution des pratiques des malfaiteurs, de plus en plus téméraires. «Avant, les vols de téléphones étaient surtout signalés à Volo-volo. Aujourd’hui, le phénomène est généralisé, notamment dans les habitations entre minuit et 4 heures du matin», explique l’officier de police Chabani Mohamed. Selon lui, les malfaiteurs n’hésitent pas à revêtir des boubous et à s’introduire même dans les lieux de culte pour dissimuler leurs véritables intentions. «Au mois de mai, nous avons interpellé cinq personnes impliquées dans des vols commis avec des cagoules», précise-t-il. Il indique que ces nouvelles pratiques sont particulièrement observées dans plusieurs quartiers du sud de Moroni, notamment Madjadjuu, Zilimadjuu et Maluzini.

Les lenteurs administratives et judiciaires

L’officier relève également une évolution préoccupante des méthodes employées. «Avant, on entendait surtout parler de vols de batteries de voitures. Les voleurs ouvraient les capots. Aujourd’hui, ils cassent directement les vitres des véhicules. Cela montre que la délinquance a changé de visage», déplore-t-il.Face à cette montée de l’insécurité, Chabani Mohamed appelle les citoyens à «faire preuve d’une plus grande vigilance». Il rappelle que «les forces de l’ordre ne peuvent pas être partout à la fois » et encourage les habitants à «signaler toute personne suspecte s’installant dans leur quartier afin de faciliter l’identification d’éventuels délinquants». «Entre 75 % et 80 % des téléphones volés sont retrouvés grâce au travail mené en collaboration avec les services de Comores Télécom et de Telma», note l’officier, qui salue au passage «la coopération des opérateurs de télécommunications dans la lutte contre ce phénomène».Le policier regrette toutefois les lenteurs administratives et judiciaires auxquelles sont confrontées les victimes. «Nous effectuons les réquisitions nécessaires, mais avec le nouveau système, les démarches doivent ensuite passer par la justice. Lorsqu’une personne est identifiée, certaines formalités supplémentaires sont exigées. Cela complique considérablement les procédures pour les victimes, alors que notre objectif est justement de leur venir en aide», conclut-il.