Le ministère de l’Intérieur a officialisé cette mesure pour, dit-il, éviter à la population d’inutiles et coûteuses pénalités des agences de voyage en cas de refoulement au moment de l’embarquement.

 

C’est une règle connue partout mais qui, selon le ministère de l’Intérieur, valait quand même le coup de faire l’objet d’un rappel : les détenteurs de passeports dont la validité est inférieure à six mois ne seront plus autorisés à voyager. « Le ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation et de l’Administration territoriale, chargé des Relations avec les Institutions informe l’ensemble des citoyens que, conformément aux normes internationales en matière de circulation des voyageurs, tout passeport dont la durée de validité est inférieure à six (06) mois à compter de la date prévue de voyage ne permet pas d’effectuer un déplacement à l’étranger», annonce une note rendue publique le mardi 21 avril dernier. La circulaire ajoute qu’en conséquence cette mesure s’appliquera aux Comoriens titulaires d’un passeport d’une durée de moins de six mois. 
Dans les faits, l’annonce peut avoir l’air anodine du fait que be

aucoup respectent scrupuleusement cette norme, mais selon Anrfata Abdérémane, commissaire divisionnaire de police, le gouvernement, à travers le ministère de l’Intérieur, veut surtout éviter les déconvenues à la population. «Comparé aux autres pays, nous sommes le pays où se procurer un passeport est possible en l’espace d’un ou trois jours au maximum. Ce n’est pas aussi facile ailleurs. Mais, nous avons également le pays où on peut appeler une agence pour réserver un billet sans présenter la moindre pièce ni document de voyage», a-t-elle souligné d’emblée. Une pratique qui fait de nombreuses victimes, notamment chez les détenteurs de passeports d’une validité de moins de 6 mois.

 

«Ils se trouvent tous bloqués à la salle d’embarquement car les agents de l’aéroport ne vont pas les laisser monter. L’agence de voyage, elle, va leur infliger des pénalités pour le changement de billet. Or, cela aurait pu être évité si avant de faire la réservation ou de confirmer le billet, un travail de vérification de la validité du passeport avait été effectué. C’est pourquoi le ministère a publié cette note qui sonne comme un rappel, une sensibilisation à l’endroit des Comoriens», a expliqué la cheffe du centre Anrfata, dans un entretien accordé à Al-watwan, avant-hier mercredi. 

Normes internationales  

Certes les normes internationales exigent que le voyageur soit titulaire d’un document, notamment un passeport d’une validité d’au moins six mois après la date de retour prévue, mais certains pays sont souples sur les conditions d’entrée. Par exemple au Japon ou en Afrique du Sud, seule la durée du séjour est importante. D’autres pays demandent seulement 3 mois après la fin du séjour sur le territoire, comme la Tunisie, l’Albanie ou le Belize. 


Parfois, tout dépend de la nationalité du voyageur et de la compagnie aérienne que ce dernier a choisie. «Mais nous nous soumettons aux exigences de l’Organisation de l’aviation civile internationale. Avant de prendre un billet, il vaut mieux vérifier d’abord son passeport. Souvent, nos proches ne maitrisent pas de tels aspects. Donc interdire les voyages aux passeports de moins de 6 mois, c’est éviter les pénalités à nos concitoyens. Nous nous approchons de la période des vacances des compatriotes de la diaspora, ils doivent prendre le temps de vérifier leurs documents de voyage une fois sur place avant de confirmer leurs billets de retour», recommande vivement la cheffe du centre, qui appelle les agences à mettre en place ce contrôle. 


Commandante Anrfata a cité une histoire récente qui l’a marquée. «Nous avons eu un cas d’une famille de trois enfants et d’une maman qui voulaient rentrer en France alors que le délai de leurs passeports n’atteignait pas les 6 mois. Ils n’ont pas pu voyager malgré nos efforts pour leur fournir de nouveaux passeports à temps. Vous imaginez les pénalités qui les attendaient», a-t-elle raconté. La policière exhorte aussi les étudiants à s’assurer que leurs passeports aient au moins 13 mois de validité avant d’aller déposer une demande de visa. 


Au sujet du renouvellement du passeport, une nouvelle règle est mise en place. Pour les personnes qui ne vivent pas au pays, une procuration est désormais obligatoire accompagnée de la pièce d’identité du mandataire. Avant il suffisait d’envoyer une copie du passeport. «Mais certains venaient par la suite nier avoir confié à des tiers le soin de renouveler leurs passeports. Maintenant les procurations vont servir de preuves», assure la cheffe du centre