Le programme vise notamment à renforcer les mécanismes d’investissement productif, promouvoir l’innovation auprès des jeunes, soutenir des initiatives à fort impact dans les secteurs de l’économie verte et bleue et consolider les partenariats entre les différents acteurs du développement.
Le ministère des Affaires étrangères à travers le commissariat chargé de la diaspora, a officiellement lancé le programme Wamanga wa Komor, lundi 22 juin dernier à l’hôtel Itsandra. Ce programme est présenté par les organisateurs comme une initiative ambitieuse destinée à renforcer l’entrepreneuriat de la diaspora comorienne et à soutenir les organisations de la société civile dans les secteurs stratégiques de l’économie verte et bleue. Financé par l’Union européenne à hauteur de 4 millions d’euros (environ deux milliards de francs) et mis en œuvre en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères, ce programme entend transformer le potentiel économique de la diaspora en un véritable moteur de développement durable.
La cérémonie de lancement a réuni les autorités nationales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les représentants de la diaspora. Dans son discours, le secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères a expliqué que les quatre volets de ce projet visent à pérenniser les acquis des précédents membres de la diaspora, mais aussi et surtout à renforcer activement la politique entrepreneuriale de création d’emplois pour les jeunes. «Parmi ces volets, j’accorde une importance particulière à la structuration de la société civile, berceau de la diaspora, et à la valorisation du capital humain et des savoir-faire», a fait savoir Abdourahamani Said Bacar. De son côté, le chef de bureau de l’Union européenne, Pavlos Evangelidis, a rappelé l’importance économique de la diaspora comorienne.
50 porteurs de projets
A l’en croire, chaque année, les transferts financiers effectués par les Comoriens de l’étranger représentent environ 20 % du produit intérieur brut du pays, faisant des Comores l’un des États les plus dépendants des envois de fonds de sa diaspora.Pour autant, ces ressources restent principalement orientées vers la consommation des ménages et profitent encore insuffisamment aux investissements productifs créateurs d’emplois. C’est précisément ce constat qui a motivé la création de Wamanga wa Komor. «L’ambition est claire : faire de la diaspora non seulement une source de transferts, mais aussi un acteur de développement et d’émergence», a expliqué le représentant de l’Union européenne.
À cette occasion, le commissaire chargé de la diaspora, Dr Issa Abdoussalami, a souligné que cette nouvelle initiative s’inscrit dans la continuité du projet Diaspora, récemment achevé après cinq années d’activités. Selon lui, ce précédent programme a permis de poser des bases solides pour une meilleure mobilisation des compétences et des ressources de la diaspora au profit du développement national. Il a notamment favorisé le dialogue entre les institutions et les Comoriens établis à l’étranger, renforcé les mécanismes de coordination et valorisé l’expertise de nombreux porteurs de projets.
«Ces réalisations ne sont pas de simples résultats, elles constituent désormais des fondements», a déclaré le commissaire, estimant que Wamanga wa Komor représente une nouvelle étape dans la volonté de faire de la diaspora un acteur stratégique du développement du pays. Au-delà des aspects techniques, les autorités comoriennes souhaitent également renforcer les liens entre la diaspora et le pays d’origine. «Le développement de notre pays ne peut se réaliser sans la mobilisation de toutes ses forces vives, où qu’elles se trouvent», a rappelé Dr Issa Abdoussalami. Le programme repose sur deux volets complémentaires.
Le premier, mis en œuvre par Expertise France, est consacré à l’entrepreneuriat et à l’investissement. Doté d’un budget de près de 1,5 million d’euros, il permettra d’accompagner 50 porteurs de projets, dont 30 bénéficieront d’un financement pouvant atteindre 30 000 euros en complément de prêts bancaires ou d’autres mécanismes financiers. Le second volet, porté par «Initiative Développement», est destiné au renforcement de la société civile.
Plus de 1,5 million d’euros seront mobilisés pour accompagner 50 organisations de la société civile et soutenir 20 projets de développement local, en favorisant les liens entre les acteurs locaux et ceux de la diaspora. Les premiers résultats de cette dynamique sont, selon ses promoteurs, déjà visibles. Le premier hackathon national Wamanga wa Komor a «suscité un engouement bien supérieur aux attentes des organisateurs». L’on apprend qu’alors que «200 candidatures étaient initialement espérées, plus de 850 dossiers ont déjà été enregistrés». Cent jeunes seront sélectionnés pour bénéficier d’un accompagnement intensif avant la finale prévue le 6 aoûtn



