Principal chef d’orchestre de la cérémonie commémorative du 25eme anniversaire de l’Accord-cadre pour la réconciliation nationale, prévue demain mardi 17 février à Fomboni, le directeur de cabinet du chef de l’Etat chargé de la Défense revient, dans cette interview, sur l’esprit de la fête et la portée historique de l’évènement. Youssoufa Mohamed Ali étale les acquis symboliques obtenus et les opportunités offertes au pays pour jeter les bases de son avenir politique, institutionnel et socio-économique.

 

Quel regard portez-vous sur la célébration des 25 ans de la signature de l’Accord de Fomboni?

La célébration des 25 ans de l’Accord de Fomboni constitue un moment historique majeur pour notre Nation. C’est aussi un temps fort de communion nationale. Notre pays a traversé l’une des périodes les plus douloureuses de son histoire, mais il a su, par la grâce d’Allah et grâce à la sagesse de ses fils, se réconcilier avec lui-même et se projeter résolument vers l’avenir. En se dotant d’une nouvelle architecture institutionnelle, issue de l’Accord-cadre signé à Fomboni, le pays a posé les bases d’une stabilité durable. Vingt-cinq ans après, cette architecture continue de produire ses effets, notamment en matière de stabilité institutionnelle. Il est donc légitime de commémorer cet événement, d’honorer celles et ceux qui ont contribué à cet acte historique et de permettre aux jeunes générations de mieux comprendre la portée symbolique et politique de cet accord fondateur.

Qu’est-ce qu’on peut retenir justement de cet Accord de Fomboni ?

L’Accord de Fomboni a permis de refermer la parenthèse du séparatisme et de restaurer la stabilité institutionnelle. Depuis lors, notre pays a connu des alternances politiques à travers une transmission régulière du pouvoir, ce qui demeure un fait notable dans notre sous-région. Avant cet accord, les crises institutionnelles successives fragilisaient en permanence les efforts de développement. Malgré certaines fragilités évoquées ici et là, l’Accord a mis fin à une instabilité chronique et ouvert une nouvelle ère marquée par la réaffirmation de l’unité et de l’indivisibilité de l’État. Pour le président Azali Assoumani, cet anniversaire est l’occasion de renforcer l’unité nationale, de consolider la cohésion sociale et de raviver le sentiment d’appartenance à une Nation unie, solidaire et tournée vers le progrès.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant ces 25 ans de l’Accord de Fomboni ?

Ce qui me marque le plus, c’est la capacité du pays à préserver son unité malgré les périodes d’incertitude et les turbulences politiques. Cet acquis est fondamental et doit être préservé dans la durée. Les Comores sont restées debout. En dépit de crises épisodiques ayant ralenti certains programmes, le pays a engagé une dynamique de relance économique et entrepris des efforts notables pour améliorer les conditions de vie de la population. Parmi les faits marquants, je citerai la stabilité institutionnelle, les alternances pacifiques et la résorption progressive de nombreuses crises sociales. Il fut un temps où les fonctionnaires accumulaient des arriérés de salaires, avec des répercussions lourdes sur les familles et la scolarité des enfants. Il fut un temps où la grève était presque devenue la norme dans l’enseignement public. Aujourd’hui, les salaires sont versés régulièrement, les examens se tiennent aux dates prévues et le pays respecte son agenda constitutionnel en organisant les élections à l’échéance prévue. Autre évolution significative : le passage du statut de pays moins avancé à celui de pays à revenu intermédiaire, accompagné d’une amélioration du PIB par habitant. Bien sûr, des défis subsistent. Mais l’essentiel est là : nous devons consolider ces acquis et poursuivre les réformes pour aller plus loin.

Des partis et groupements politiques de l’opposition défendent une approche différente dans la manière de célébrer ce 25e anniversaire. Comment analysez-vous cette posture ?

Il est normal, dans une démocratie, que des sensibilités différentes s’expriment. Toutefois, cette commémoration dépasse les clivages politiques. Elle renvoie à un moment fondateur de notre histoire collective. Il ne s’agit pas d’un événement partisan, mais d’un fait historique commun. Cette célébration appartient à tous les Comoriens. Les partis politiques, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, tout comme la société civile, sont appelés à faire prévaloir l’esprit républicain et l’intérêt supérieur de la Nation. Nous disposons d’une Constitution et d’institutions qui fonctionnent ; elles doivent être respectées et consolidées. Nous avons un agenda électoral clair ; il doit être scrupuleusement respecté. La tournante sera appliquée dans l’esprit et dans la lettre, afin de préserver les aspirations profondes du pays à l’unité, à la stabilité et au développement.

L’opposition est-elle invitée à la cérémonie ? Quelles sont les dispositions prises pour garantir la réussite de l’événement ?


La cérémonie se veut inclusive. Des invitations ont été adressées à l’ensemble des partis et groupements politiques, à la société civile, aux associations, aux institutions nationales ainsi qu’aux représentations diplomatiques. Un dispositif logistique et sécuritaire approprié a été mis en place afin d’assurer le bon déroulement de l’événement. L’Union africaine et l’Organisation internationale de la Francophonie, qui ont été des témoins importants de cet accord, seront représentées. Les orientations du chef de l’État sont claires : il souhaite une participation large, inclusive et représentative de toutes les composantes de la société. Toutes les dispositions ont été prises pour que ce 25e anniversaire soit célébré avec la solennité et la dignité qu’exige un tel moment dans l’histoire de notre Nation.

 

L’Accord de Fomboni a permis de refermer la parenthèse du séparatisme et de restaurer la stabilité institutionnelle. Depuis lors, notre pays a connu des alternances politiques à travers une transmission régulière du pouvoir, ce qui demeure un fait notable dans notre sous-région. Avant cet accord, les crises institutionnelles successives fragilisaient en permanence les efforts de développement. Malgré certaines fragilités évoquées ici et là, l’Accord a mis fin à une instabilité chronique et ouvert une nouvelle ère marquée par la réaffirmation de l’unité et de l’indivisibilité de l’État.