La célébration du 1er muharram a réuni toute la communauté de Mkazi autour de prières, défilés et animations culturelles. Une journée marquée par la transmission des traditions, la solidarité et le vivre-ensemble.
À Mkazi, la célébration du 1er muharram, mercredi dernier, a pris une dimension exceptionnelle. Dès le matin, les habitants se sont réunis autour d’une prière rassemblant petits et grands. Les mamans, les jeunes et les personnes âgées ont tous pris part au défilé, certains vêtus de blanc, rappelant les habits du pèlerinage à La Mecque.
Des groupes lisaient le Coran tandis que d’autres présentaient différentes tenues traditionnelles. À l’issue du défilé, la foule s’est retrouvée sur la place située en face du foyer de Mkazi où plusieurs prestations ont été proposées. Danses traditionnelles, sketchs, représentations inspirées des mariages, danses indiennes et démonstrations artisanales ont rythmé la journée. Des participants ont également présenté des outils anciens et des maisons en paille afin de transmettre un message sur les traditions d’antan et la préservation du patrimoine.
Responsable de l’évènement, Darouech Mroivili a expliqué que l’organisation a été rendue possible grâce aux contributions des habitants, en particulier celles des femmes de Mkazi. «Ce sont surtout les femmes qui se regroupent pour réunir les fonds nécessaires à l’organisation du muharram. Cette année, nous avons introduit des éléments qui n’existaient pas l’année dernière, notamment des objets artisanaux et des pratiques anciennes pour rappeler notre héritage», a-t-il indiqué.
Selon ce dernier, la journée a débuté par un rassemblement religieux avant le défilé, suivi des sketchs. Il a expliqué que des jeux pour enfants, des marathons pour les jeunes ainsi que pour les personnes âgées de plus de 70 ans ainsi qu’un concours de récitation du Coran, une pièce de théâtre et une cérémonie de remise de récompenses étaient également prévus dans la soirée. Toutefois, à la suite d’un décès survenu dans la localité, les activités ont été reportées à vendredi.
Les écoles coraniques ont participé activement à travers des chants, des récitations du coran et des danses éducatives visant à renforcer l’amour de la religion et la solidarité. «Chaque prestation véhiculait un message destiné à inculquer aux enfants, dès leur plus jeune âge, les valeurs d’unité et d’attachement à la religion», a précisé Darouech Mroivili.
Pour Ibrahim Moindze Fundi, cette journée représente un moment de fraternité exceptionnelle. «C’est un jour merveilleux où toute haine disparaît. Tout le monde se retrouve ensemble et même les ennemis peuvent s’asseoir côte à côte. Il est impossible de passer trente minutes sans sourire tellement l’ambiance et les spectacles apportent de la joie», a-t-il confié.
De son côté, maîtresse d’une école coranique, Maman Soilhata a insisté sur l’importance spirituelle de cette célébration. «Nous avons tenu à participer à cette journée parce qu’elle marque le début d’une nouvelle année. À Mkazi, il y a les madrasas des enfants, celles des mamans ainsi que celles des personnes âgées. Car l’homme n’arrête jamais d’apprendre. C’est pourquoi nous sommes sortis célébrer cette journée tout en lisant le Coran et en faisant des prières tout au long des rues», a-t-elle expliqué. Des cortèges de motos et de taxis ont également accompagné les festivités, tandis que les forces de l’ordre veillaient au bon déroulement des manifestations. Une mobilisation qui témoigne de l’attachement de la population à cette célébration.



