Convoquée par la police nationale à Fomboni, la journaliste Nourina Abdoul-Djabar aurait été interrogée sur une publication concernant les salaires des policiers. Le syndicat des journalistes a réagi.

 

La journaliste d’Al-watwan, Nourina Abdoul-Djabar, résidant à Mwali, a été convoquée le 30 septembre au commissariat de la police nationale à Fomboni. Elle y a été interrogée sur une publication diffusée quelques jours auparavant sur sa page Facebook, consacrée notamment aux conditions salariales des agents de la police nationale.

Lors de notre passage au commissariat, hier jeudi 1er octobre, la commissaire de la police nationale, Mifouza Tamadoune, n’a pas confirmé le motif exact de la convocation. Elle a toutefois indiqué qu’aucune charge n’était retenue contre la journaliste. « Il n’y a aucune charge retenue contre Nourina. D’ailleurs elle n’est pas restée très longtemps ici. On l’a appelée pour lui poser quelques questions c’est tout », a déclaré la commissaire, sans préciser la nature des questions posées.

Dans sa publication, la journaliste évoquait notamment la situation salariale d’un policier recruté en 2012. Selon Nourina Abdoul-Djabar, les enquêteurs cherchaient notamment à connaître l’identité de la ou des sources lui ayant permis d’obtenir ces informations.

Cette démarche a suscité une réaction du Syndicat national des journalistes aux Comores (Snjc), qui a dénoncé toute pression visant à contraindre un professionnel des médias à révéler ses sources. Le syndicat a rappelé que l’article 153 du Code de l’information dispose que « le journaliste n’est pas tenu de divulguer ses sources ni être inquiété par l’autorité publique ».

Dans ce communiqué, le Snjc estime que cet épisode rappelle d’autres auditions de journalistes dans des circonstances similaires. « Il faut savoir que ce n’est pas la première fois que la force publique arrête un journaliste dans le but de le forcer à dévoiler ses informateurs. Le 17 novembre dernier, Abdou Moustoifa (un autre journaliste d’Al-watwan) avait également passé plus de trois heures d’audition à la police pour des faits similaires. Nous demandons aux autorités de mettre fin à toute pression contre notre consœur et de respecter pleinement la liberté de la presse », indique la publication du syndicat.

Si Nourina Abdoul-Djabar n’a pas été placée en cellule et n’est restée que peu de temps au commissariat, sa convocation relance le débat sur la protection des sources journalistiques et les conditions d’exercice de la profession aux Comores.