Réuni à Moroni, «le Collectif Anjouan 2029» a lancé une réflexion interne consacrée «au processus électoral» à venir. Une démarche qui vise, selon les promoteurs «à tirer les leçons des scrutins passés et à préparer des réformes» pour «des élections crédibles» en 2029.
Le «Collectif Anjouan 2029» a ouvert, samedi 10 janvier 2026 à l’hôtel Moifaka à Moroni, un atelier de réflexion sur le processus électoral à venir. La rencontre de deux jours a réuni acteurs politiques, société civile, experts, médias et citoyens attachés à ce processus. Ce collectif s’est, pour rappel, engagé à «œuvrer pour le respect de l’échéance électorale relative à la présidence tournante au profit de l’île de Ndzuani en 2029». Cette rencontre visait à donc «consolider un processus électoral libre, transparent, crédible et apaisé, conformément à la Constitution et aux principes démocratiques universels», d’après les organisateurs. À travers panels thématiques et travaux de groupes, les participants ont examiné l’ensemble des étapes du processus électoral, depuis la convocation du collège électoral jusqu’à la proclamation définitive des résultats, avec une attention particulière sur le « respect de l’ordre constitutionnel » et du «principe de la tournante présidentielle de 2029», réservée à l’île de Ndzuani.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le «Collectif Anjouan 2029» a rappelé que le respect de cette tournante constitue «une exigence constitutionnelle intangible», tout en soulignant que la crédibilité du scrutin dépend aussi du «respect effectif du vote et de la volonté» du peuple. «Cet atelier se veut un cadre inclusif, constructif et responsable de dialogue et de propositions, devant aboutir à des recommandations concrètes et à l’élaboration d’un mémorandum citoyen», a déclaré Mohamed Chakira, représentant de l’opposition parlementaire.Pour le juriste Dr Nassuf Ben Mohamed, les«expériences électorales de 2019 et 2024» justifient pleinement cette initiative. «Nous sommes ici pour réfléchir et sensibiliser afin que le prochain scrutin aboutisse à un processus réellement démocratique et fiable», a-t-il affirmé.
Une déclaration, des réformes
Clôturés dimanche 11 janvier, les travaux ont débouché sur l’adoption d’une «Déclaration finale» et d’un«Mémorandum citoyen». Les participants y réaffirment leur "attachement strict à la constitution, leur rejet de toute révision constitutionnelle et leur engagement ferme en faveur du respect de la tournante présidentielle de 2029 au profit d’Anjouan. Le mémorandum, qui sera détaillé à la presse et au public «dans les prochains jours», recommande notamment la réforme de la Commission nationale électorale indépendante, la création d’un organe électoral permanent, professionnel et indépendant, la révision inclusive du Code électoral, ainsi qu’une réforme ciblée de la loi organique de la cour suprême.
Les participants annoncent, par ailleurs, un «Comité de suivi» qui sera mis en place sous le leadership du Collectif pour assurer le plaidoyer citoyen et accompagner la mise en œuvre des réformes. Les participants ont également exhorté le président de la République, le gouvernement, l’Assemblée de l’Union, les partis politiques, les médias et la société civile à «jouer pleinement leur rôle pour garantir des élections crédibles et apaisées en 2029».Le «Collectif Anjouan 2029» a salué la participation à l’atelier de nombreux groupements politiques, dont Swauti, Faliki Ya Massiwa, Ridja, Fidia, ainsi que de l’opposition parlementaire. Il a aussi réaffirmé sa volonté de poursuivre, de façon pacifique, «la mobilisation citoyenne» pour concrétiser cet idéal dans l'intérêt du pays.



