Les acteurs de l’économie sociale et solidaire et du programme Msomo Na Hazi se sont réunis pour réfléchir aux moyens de pérenniser les initiatives entrepreneuriales soutenues par le programme, à l’approche de la fin de leur accompagnement.

 

À quelques semaines de la fin du programme Msomo Na Hazi, la pérennisation des initiatives entrepreneuriales soutenues est au cœur des préoccupations. Lors d’un séminaire organisé le jeudi 8 octobre 2026 à l’hôtel Les Arcades, à Moroni, les participants ont évoqué plusieurs pistes, notamment la diversification des sources de financement grâce aux ressources des communautés, à la diaspora et aux fonds de développement. La création d’un Conseil national de l’économie sociale et solidaire (Ess), chargé de coordonner les initiatives et d’en assurer le suivi, a également été proposée.


Organisée par le ministère de l’Éducation nationale, avec l’appui financier et technique de l’Union européenne à travers le programme Msomo Na Hazi, la rencontre a réuni des représentants des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des structures d’accompagnement et de jeunes entrepreneurs venus de Ngazidja, de Ndzuani et de Mwali.Mais derrière les objectifs du programme se trouvent des entrepreneurs confrontés aux réalités du terrain. 

Ambitions et difficultés 

Le témoignage d’un jeune producteur engagé dans l’agriculture biologique a notamment mis en lumière les difficultés liées au développement de son activité. «On s’est regroupés pour produire des tomates biologiques et contribuer à une croissance commune. Malgré les difficultés de carburant et de financement, nous n’avons pas baissé les bras et espérons un accompagnement matériel pour pérenniser notre activité», a-t-il expliqué. Ce témoignage rappelle que la volonté d’entreprendre ne suffit pas toujours à assurer la continuité d’une activité.

 L’accès aux moyens matériels et financiers reste déterminant pour permettre aux initiatives locales de se développer au-delà de la période d’accompagnement.
Face à ces difficultés, la directrice générale de l’Agence nationale de promotion des investissements (Anpi), Nadjati Soidiki, a souligné la place de l’économie sociale et solidaire dans le développement économique. En affirmant que l’Ess n’est pas une «sous-économie», mais «une méthode moderne, performante et structurante d’entreprendre», elle a défendu une autre manière de concevoir l’entrepreneuriat.

 Son intervention a également mis l’accent sur la responsabilité des acteurs face aux difficultés. «N’attendons pas que toutes les conditions parfaites soient réunies pour sécuriser l’avenir de nos initiatives locales», a-t-elle ajoutéLes discussions ont également porté sur trois axes : les start-up des territoires, les coopératives d’artisans et les «villages Ess». À travers ces initiatives, le programme entend dynamiser l’économie locale, structurer les activités artisanales, favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et valoriser les ressources des communautés villageoises.

 Ces ambitions ont toutefois soulevé une question essentielle : comment transformer les projets accompagnés en activités capables de durer ? À l’approche de la fin du séminaire, la question de la continuité des projets est donc restée centrale. Pour Nourroudine Abdallah, directeur du programme, la clôture de l’accompagnement ne doit pas signifier la fin des initiatives engagées. «Alors que le programme s’achève dans quelques semaines, la dynamique de l’Ess ne fait que commencer, et c’est ensemble que nous continuerons à bâtir une économie plus juste, solidaire et inclusive pour l’avenir des Comores», a-t-il déclaré.

Richda Radjab (stagiaire)