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Énergie : la Sonelec en quête de solutions durables

Énergie : la Sonelec en quête de solutions durables

Société | -   Youssef Abdou

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Trois mois après le forum stratégique sur l’avenir énergétique des Comores, la Sonelec dresse son état des lieux.

 

Le directeur général de la Société nationale d’électricité des Comores (Sonelec), Moumini Soilahoudine, a tenu hier, mercredi 19 novembre, une conférence de presse dans les locaux de l’entreprise afin de faire le point sur les suites du récent forum national de l’énergie. Ce dernier avait réuni une centaine d’acteurs du secteur et débouché sur une série de propositions techniques et financières destinées à sortir la société publique de l’impasse.


Conscient des difficultés actuelles en matière d’alimentation électrique, le directeur général a rappelé les besoins énergétiques du pays. «Les Comores ont besoin de 29 mégawatts pour fonctionner. Aujourd’hui, nous en produisons 17 en thermique et 15 en solaire, mais avec des taux de disponibilité respectifs de 70 % et 35 %», a-t-il expliqué, soulignant que la production actuelle ne permet pas d’assurer une alimentation continue. «Actuellement, il manque 104 gigawattheures par an pour couvrir les besoins nationaux», a-t-il ajouté.


Pour combler ce déficit, la Sonelec mise sur l’installation d’une nouvelle centrale thermique et sur le renforcement du mix énergétique, avec l’ambition de produire l’intégralité de l’énergie nécessaire d’ici le premier trimestre 2027, tout en anticipant les besoins futurs. Mais cette trajectoire repose sur un pari coûteux : le maintien de 21 groupes rapides à 1 500 tours/minute, dont l’entretien nécessitera 8,7 milliards de francs entre 2025 et 2028.


Le réseau électrique, conçu dans les années 1980, repose encore sur des interrupteurs manuels manipulés par des agents circulant en voiture. La moindre anomalie (branche, chauve-souris ou mauvaise manœuvre) peut entraîner l’arrêt complet de la centrale. «Ce ne sont pas des délestages volontaires, mais des déclenchements de sécurité», a précisé le directeur, ajoutant que la multiplication des sites de production, notamment solaires, accentue cette instabilité.


Les injections d’énergie depuis les centrales solaires de Washili, Mitsamihuli ou Fumbuni mettent en effet à rude épreuve un réseau inadapté à la décentralisation. Les coupures de septembre et octobre en témoignent. Face à ces constats, le forum avait proposé plusieurs leviers d’action : un accompagnement budgétaire de l’État pour financer les révisions thermiques, une transition vers des groupes électrogènes semi-rapides ou à vitesse lente (moins coûteux à entretenir) ainsi qu’un renforcement des énergies renouvelables afin d’atteindre 60 % de la production, contre 16 % actuellement. La conférence de presse de mercredi n’a donc pas seulement dressé un état des lieux : elle a rappelé l’urgence d’une réforme systémique visant à produire davantage, distribuer plus efficacement et investir judicieusement.

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