Le chef de l’État, Azali Assoumani, a inauguré à Wani trois centrales solaires. Équipées de systèmes de stockage, elles doivent réduire la consommation de carburant et renforcer l’autonomie énergétique nationale.

 

Le chef de l’État, Azali Assoumani, a inauguré ce  samedi 5 septembre à Wani, derrière l’aéroport de Ndzuani, trois centrales solaires construites à Ngazidja, Ndzuani et Mwali. D’une capacité installée cumulée d’environ 20 MW, ces infrastructures sont dotées de systèmes de stockage totalisant 18,42 MWh. Elles doivent produire 1 422 MWh d’électricité par mois et permettre d’économiser quelque 401 000 litres de carburant mensuellement.

La cérémonie, organisée sur le site de la centrale de Ndzuani, a réuni des membres du gouvernement, des autorités de l’île et l’ambassadeur des Émirats arabes unis. Elle a été marquée par la décoration du Pdg de Global South Utilities (Gsu), Ali Al Shimmari, à qui le chef de l’État a conféré l’Ordre du Croissant Vert des Comores.Les trois infrastructures ont été réalisées dans le cadre d’un projet piloté par Gsu, société spécialisée dans les investissements et le développement d’infrastructures, notamment dans les énergies renouvelables dans les pays du Sud.

À Ngazidja, la centrale affiche une puissance installée de 12,86 MW, dont environ 6 MW doivent être injectés dans le réseau. Sa capacité de stockage est de 12,22 MWh et sa production mensuelle est estimée à 972 MWh. À Ndzuani, la puissance installée atteint 4,05 MW, dont environ 2 MW injectés dans le réseau, avec 4,1 MWh de stockage pour une production mensuelle annoncée de 216 MWh. À Mwali, la centrale dispose d’une puissance installée de 3,10 MW, dont environ 2 MW injectés dans le réseau, pour une production mensuelle de 234 MWh.

Selon les données communiquées par la Sonelec, les trois centrales devraient réduire la consommation de carburant de quelque 401 000 litres par mois : 274 000 litres à Ngazidja, 61 000 à Ndzuani et 66 000 à Mwali.

Souveraineté énergétique

Dans son allocution, le président de la République, Azali Assoumani, a présenté la mise en service de ces installations comme une étape vers la souveraineté énergétique du pays, tout en mettant en avant la coopération entre les Comores et les Émirats arabes unis. « La coopération entre les Comores et les Émirats dépasse largement la réalisation de l’infrastructure. Elle repose sur la confiance, le respect mutuel et une vision partagée du développement », a-t-il déclaré.

Pour le chef de l’État, ces centrales doivent contribuer à réduire la dépendance énergétique du pays, à alléger sa facture énergétique et à renforcer la compétitivité de son économie. Il a également évoqué la nécessité de développer les ressources renouvelables, notamment la géothermie, dans le cadre du Plan Comores Émergent. « Nous avons décidé d’agir pour maîtriser progressivement notre énergie », a-t-il affirmé. Selon lui, la centrale de Wani traduit la volonté du pays de « transiter vers les énergies renouvelables et de réduire notre dépendance ». Des performances de danse et de chant mettant à l’honneur les cultures comorienne et émiratie avaient précédé l’intervention du chef de l’État.

Moderniser le réseau

Le ministre de l’Énergie, Dr Aboubacar Said Anli, a pour sa part souligné que la production supplémentaire ne suffira pas à elle seule à améliorer durablement l’approvisionnement. Le transport, la distribution et la gestion de l’électricité constituent désormais les principaux défis. « Notre prochain défi est donc de moderniser et fiabiliser nos réseaux de transport et de distribution, réduire les pertes techniques et commerciales et renforcer la performance de la Sonelec », a-t-il déclaré.

Le ministre a également insisté sur la nécessité d’assurer l’entretien des équipements et de maintenir leurs performances, afin que les investissements se traduisent par une réduction des délestages et une meilleure stabilité du réseau. Il a enfin appelé à un véritable transfert de compétences et de savoir-faire au profit des ingénieurs comoriens.

L’ambassadeur des Émirats arabes unis, Jumaa Rashid Khamis Ahmed Al Rumeithi, a présenté l’inauguration comme un symbole de la coopération entre les deux pays. Selon lui, les centrales doivent répondre aux besoins de quelque 17 000 familles tout en contribuant à réduire les émissions liées à l’utilisation de combustibles fossiles. « L’État des Émirats croit que le vrai développement se fait par des actions concrètes qui touchent vraiment la population », a-t-il déclaré.

Le gouverneur de Ndzuani, Dr Zaidou Youssouf, a également insisté sur l’importance d’un approvisionnement électrique stable pour les services sociaux et l’activité économique. « Sans électricité stable au quotidien, il n’y a pas d’école performante ou encore de soins », a-t-il affirmé.

À l’ouverture de la cérémonie, le maire de Wani, Mohamed Maeecha, a qualifié l’installation de « bénédiction qui touche l’ensemble du pays ». Il a par ailleurs indiqué que la ville de Wani bénéficiait d’une alimentation électrique « ininterrompue depuis un mois ».